CANCER | L’importance de se faire dépister à temps

Partager cet article:

Monsieur Antoine, âgé de 62 ans, originaire des Cayes vit a Port-au-Prince. Marié et père de deux enfants, M. Antoine est ingénieur civil et vient en clinique externe pour un problème de toux.

Depuis plus de deux ans, monsieur Antoine est  fatigué par une toux. Celle-ci survient chaque trois mois environ et est déclenchée à l’effort au tout début et va se compliquer même au repos. C’est une toux chronique, exacerbée  par l’inspiration profonde, accompagnée d’une douleur thoracique et de rejet de rhume teinté de sang.

Environ quelques mois avant la consultation, le tableau clinique se complique par des douleurs irradiées à l’épaule, une fatigue inhabituelle et persistante, une perte d’appétit et de poids. Devant la persistance et la complication des symptômes, il vient pour une prise en charge quand à sa grande surprise, il s’est fait diagnostiquer d’un cancer de poumon.

Pour épargner de nombreuses personnes de ces types de surprises, L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  consacre le 4 février aux problèmes de cancer dans le monde. La journée mondiale du cancer est en effet un événement annuel  lancé par l’Union Internationale Contre le Cancer (UICC) en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) pour inviter les citoyens, les organisations et les institutions gouvernementales du monde entier à lutter contre ce fléau.

Un cancer est une prolifération rapide de cellules anormales pouvant toucher n’importe quelle partie de l’organisme. Il apparait à partir d’une seule cellule transformée en cellule tumorale. On attribue la hausse rapide de la charge du cancer aux profonds changements dans le mode de vie, comme l’alimentation malsaine (insuffisance de fruits et légumes), le tabagisme, le manque d’activité physique (ce qui entraine un surpoids ou une obésité) et l’exposition aux risques environnementaux (pollution de l’air). 

A l’heure actuelle, 40% des cancers sont potentiellement évitables, 40% peuvent être traités et 20 % traités à des fins palliatives. En Haïti, les structures de prise en charge sont rares dans le système de santé et le MSPP s’engage avec ses partenaires à apporter les soins nécessaires en intégrant le cancer dans les soins primaires de santé.

A cet effet, un programme de lutte contre le cancer, plus précisément le cancer du sein chez les femmes, depuis 2013 a été mis sur pied par le Dr. Jean Ronald Cornély du MSPP, de la Dre. Elsie Metellus Chalumeau de l’HUEH, le personnel de la clinique oncologique de l’hôpital Bernard Mevs à Port-au-Prince, avec l’appui de trois experts américains de l’Université de Floride et l’Université de Miami. Ainsi, 130 femmes atteintes du cancer du sein et 120 autres patients avec d’autres types de cancer ont été auscultés.

Depuis quelque temps, le cancer est considéré comme un problème de santé publique si on s’en tient au rapport de l’OMS, il est la deuxième cause de mortalité dans le monde en 2015 après les maladies cardiovasculaires. On compte 17,5 millions de personnes atteintes de cancer pour 8,7 millions de décès liés à la maladie.

Face au cancer, des différences entre l’homme et la femme sont énormes, le risque de développer un cancer au cours de sa vie varie selon le sexe : chez l’homme le risque est 1/3 quand chez la femme il est de 1/4.

Le cancer le plus meurtrier chez l’homme est le cancer des bronches, de la trachée et du poumon (1,2 millions de décès en 2015), chez la femme c’est le cancer du sein (523,000 décès en 2015). Etre atteint du cancer n’est pas une fatalité, il suffit d’avoir un  soutient psychologique, tenir compte des facteurs de risque modifiable, de soigneusement sélectionner une  ou plusieurs interventions (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie).

Mais le plus important, c’est se faire dépister à temps…

Rebecca Clermie LIBERUS

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :