CULTURE | Au Cimetière de Port-au-Prince : une fête des morts sur fond de syncrétisme religieux

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La fête des morts a été célébrée au cimetière de Port-au-Prince ce premier novembre 2020. Plusieurs centaines de vodouisants et de chrétiens catholiques ont fait le déplacement pour prendre part à cet événement culturel comme tous les ans à la même date. La plus grande demeure des morts de la Capitale haïtienne s’est retrouvée dans une ambiance de syncrétisme religieux.

Port-au-Prince s’est réveillé sous une nuance nuageuse et ensoleillée pour ce 1er novembre 2020. La ville s’apprête à recevoir des visites. 10h 45 du matin. On est à l’angle des rues Cameau et Monseigneur Guilloux où un peu de silence règne.  Sur le frontispice du mur servant de clôture au plus grand cimetière de la capitale haïtienne est écrit : Mémorial du 12 janvier 2010. On se dirige vers la porte d’entrée. A l’intérieur, c’est la fête : celle des morts.

Dans les nuages des cigarettes des fumeurs, on s’est faufilé jusqu’à où trouver un endroit pour pouvoir  assister à la cérémonie. À quelques centimètres de l’entrée, si on se tourne vers la droite : Une croix de couleur noire est érigée. Ici, c’est Baron, maître du cimetière et responsable des Guédés dans la mythologie  du vaudou. Autour de cette croix, plusieurs dizaines de personnes, pour la plupart vêtues de mauve, noir et blanc s’y retrouvent. Quelques gouttes de rhum éclaboussent la poussière, des bougies allumées et des  tasses de café s’alignent au pied de Baron Samedi. « c’est ainsi que le maître du cimetière reçoit des cadeaux et des demandes », explique une jeune femme avec des accoutrements de couleurs blanches et mauves.

Si les cimetières ont la réputation d’être des endroits calmes et silencieux, pour ce premier novembre, celui de Port-au-Prince s’est transformé en une véritable théatre de festivité. Outre les vodouisants, au fond, non loin du Baron, une messe est entrain d’être célébrée. C’est à la chapelle Notre Dame des sept douleurs, à l’occasion de la « Toussaint », ainsi appellée par l’église catholique. Difficile de faire la distinction entre  les chrétiens catholiques et les vodouisants dans cet atmosphère où  les individus et les vèvè s’entremêlent.

12 heures. Le cimetière continue à recevoir des fêtards. Après une petite pause,  on se redirige vers Baron. Là, une femme, tenant dans sa main gauche, un mouchoir bleu, et un autre sur l’épaule. Au moment où  elle jette un verre de tafia dans un feu allumé au pied du BARON samedi, celui-là s’est propagé. Une partie de la jambe gauche de la femme est brûlée. «je pense que Baron est fâché contre elle”, imagine Jean, qui se réclame être un fervent vodouisant.

Premier et deux novembre sont les dates retenues pour  célébrer des morts par les vaudouisant.e.s, chaque année. Les Guédés, dirigés par les Barons, symbolisent l’esprit de la mort dans la mythologie du vaudou. Ces loas sont typologiques : Guédé Nibo, Brave Guédé, Guédé Fouillé, Guédé Loraj, Papa Guédé, Guédé Plumage, Guédé Zareyen et Guédé Ti-Malice pour ne citer que ceux là.

Wilder SYLVAIN 

Wilder SYLVAIN

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