ECONOMIE | Hausse incontrôlable des prix des produits de première nécessité en Haïti

Partager cet article:

Les économistes haïtiens, depuis quelques temps, ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur l’état moribond de l’économie haïtienne qui connait une inflation galopante. Cette situation provoque un impact direct sur la vie de chaque individu. Pour comprendre ces conséquences il suffit d’observer avec attention le coût des produits de premières nécessités.

Le panier alimentaire haïtien (produits fréquemment utilisés) est composé de produits qui reflètent les préférences alimentaires des ménages. Il est essentiellement composé de céréales (riz, maïs, blé, petit mil)  qui représentent plus de 66% (plus de 1000 kilocalories) du panier, du haricot, du sucre et de l’huile de cuisson, etc. d’autres biens durables comme les vêtements, les appareils électroménagers etc.

Les  prix des produits agricoles dans certains marchés sont à plaindre. Les marchés sélectionnés sont ceux de la Croix-des-bouquets, de Salomon,  le marché de Séradòt à Delmas 19, et un marché à Pétion Ville.

Annexe des produits de base et du charbon de bois dans certains marchés pour les deux mois de l’année en cours.

MarquesUnitéSeradòt/ Delmas 19Pétion VilleSalomonCroix des Bouquets
Riz local TCS1 Marmite600 gourdes650 gourdes400 gourdes450 gourdes
Riz Chella1 Marmite650 gourdes650 gourdes500 gourdes600 gourdes
Mais moulu Ti malis1 marmite250 à 300 gourdes300 gourdes200 à 250 gourdes250 gourdes
Petit mil1 marmite500 gourdes500 à 510  gourdes450 à 500 gourdes450 à 500 gourdes
Riz Lakrèt1 marmite500 gourdes550 gourdes450 gourdes500 gourdes
Pois rouge1 marmite700 gourdes750 gourdes450 à 550 gourdes600 gourdes
Pois noir1 marmite650 gourdes700 à 800 gourdes600 à 700 gourdes650 gourdes
Pois beurre1 marmite600 gourdes600 à 610  gourdes500 à 550 gourdes550 à 600  gourdes
Sel de cuisine1 marmite100 gourdes`110 gourdes80 à 100 gourdes100 gourdes
Charbon de bois1 sac1 500 à 2000 gourdes1700 à 2500 gourdes1 500 à 2000 gourdes1550 à 2000 gourdes
Riz Mega/ Bull/ Tchako1 sac de 75 kg2000 à 2500 gourdes2500 à 3000 gourdes2000 à 2500 gourdes2000 à 2750 gourdes
Mais Alberto1 marmite350 gourdes350 gourdes300 gourdes300 gourdes
Blé1 marmite325 gourdes350 gourdes300 gourdes280 à 300 gourdes
Farine de blé1 marmite200 gourdes220 gourdes180 à 200 gourdes200 gourdes
Pois Pinto (Miami)1 marmite630 gourdes640 gourdes625 à 650 gourdes625 à 650 gourdes
Chrisol1 gallon700 gourdes750 gourdes650 à 700 gourdes650 gourdes
Roux1 marmite325 gourdes330 gourdes300 gourdes300 gourdes
Alaska1 caisse1500 gourdes1550 gourdes1450 à 1500 gourdes1500 gourdes
Bongu1 caisse1400 gourdes1400 gourdes1300 gourdes1350 gourdes
Gloria et autres1 caisse1400 gourdes1400 gourdes1300 gourdes1350 gourdes
Classico1 caisse900 gourdes900 gourdes850 gourdes850 gourdes
Pasta Mama1 caisse850 gourdes850 gourdes825 gourdes825 gourdes
Itala1 caisse800 gourdes800 gourdes700 gourdes750 gourdes
 Itala1 carton375 gourdes400 gourdes350 gourdes370 gourdes

Ces données varient en fonction du dépôt dans lequel on s’approvisionne, il y a des grossistes qui ont un écart entre 50 à 70 gourdes en fonction de son stock.

Ces prix varient aussi en fonction du taux de change que les magasins se fixent qui varie entre 75 à 85 gourdes pour un dollar. Les prix varient en fonction de la source d’approvisionnement  (marché de grande distribution) deux centres sont souvent répétés : Marché Ti Tony et Shodecosa qui se situent sur la route nationale #1.

Les consommateurs subissent les conséquences des anticipations de beaucoup d’agents économiques, libres d’afficher leurs prix en dollar américains, à des taux dont ils sont les seuls à décider. La pratique est si bien installée  qu’on croirait que les autorités ne sont pas au courant de ces transactions. Le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois, dans une interview donnée sur la Radio Métropole en janvier 2017, a pointé du doigt la question : « cela ne fait aucun sens que les magasins, les supermarchés mettent les prix en dollars et déterminent leur taux de change alors qu’il y a un taux de change à la hausse dans le souci de protection. » dans son plaidoyer, il continue pour dire que : « j’aimerais bien que les parlementaires votent une loi pour protéger les consommateurs. »

Jusqu’à présent aucune loi n’est encore effective à ce sujet, les consommateurs se plaignent de la vie chère. A noter que ce ne sont pas seulement le prix des produits de premières nécessités qui méritent une loi de protection mais cette idée veut qu’on aille plus loin que le respect du taux de change, de la fixation des prix en gourdes dans l’économie. Regard doit être aussi porté sur le coût des services de téléphones mobile et d’internet qui inondent les réseaux sociaux de plaintes et de revendications.

La loi à elle seule ne suffira pas si les autorités en charge de la vérification, de  la supervision, de la régulation ne font pas leur travail. En seront-ils seulement capables ?

Rebecca Clermie LIBERUS

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :