EDITORIAL | Le laxisme haïtien à son paroxysme

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Le mode de vie des haïtiens est une parfaite illustration du manque d’inspiration qui tend vers un développement, un peuple qui a fait le choix de vivre dans des situations inhumaines, donc les capacités d’adaptations à ces situations au voisinages des bêtes sont interprétées comme de la résilience.

L’honneur et la dignité, véritables maîtres mot des autorités étatiques à travers le monde, leur font obligation à travers des institutions internationales de s’assurer du bien-être des populations dont elles ont la responsabilité de protéger. En Haïti c’est une toute autre réalité. L’indifférence des hommes d’état et leur silence complice témoignent de tout. 

Environ 4 ans après la fin de l’accord PETRO-CARIBE, toujours pas de traits visibles de développement après des dépenses sur plus de 4 milliards de dollars américains gérés par plusieurs administrations.  Et le peuple n’exige aucune explication.

L’ancien Premier Ministre et international tennisman Laurent Lamothe a ironiquement lâché qu’il a construit 25 stades dans le pays,  cependant, on ne compte qu’un seul stade de standard international, Sylvio Cator, inauguré en 1953. Les institutions qui sont chargées de demander des comptes sont toutes politisées et/ou dirigées par des politiciens. Après l’enrichissement douteux, les anciens cadres préfèrent financer des jeunes pour prendre leurs défenses sur le web et les réseaux sociaux.  

Comme si le gène mitochondrial des haïtiens stipule quotidiennement la corruption, en ayant peur d’appeler les voleurs par leurs noms, ils ont finalement la voix au chapitre.  L’enlèvement devient normal, on s’adapte, on préfère organiser des cotisations au lieu de prendre en main ses responsabilités citoyennes. En plein midi, deux personnes, un élève en uniforme et une vieille de 75 ans sont brûlés après avoir été tués à l’arme blanche à moins d’un kilomètre du Palais National.  Aucune voix importante/responsable ne pipe mot. 

Chaque fin de journée, on attend le bilan de l’enlèvement sur le net ou dans les médias traditionnels, Bianca une jeune fille de 24 ans, enlevée cette semaine en plaine est l’une des victimes qui attire l’attention. Une collecte de fond pour l’aider à recouvrer sa libération est lancée 48 heures après, l’état ne s’en mêle pas, comme si nous sommes responsables de nos propres maux. Nos taxes servent  uniquement à assurer le bien-être de nos politiciens et  rien en retour. 

Si la justice élève une nation, comment construit-on une nation haïtienne avec une justice moribonde, qui accepte que la raison du plus fort soit la meilleure ? Si les anciens malfrats ont été punis, moins de saltimbanques auraient été impliqués dans des actes de corruption qui gangrènent notre société assoiffée de paix.

À quel saint se vouer ? L’espérance de vie en Haïti se calcule en fonction de sa zone de vie. Le kidnapping ne peut être éradiqué, si plus d’un an après l’arrestation de Arnel Joseph il est toujours un présumé kidnappeur, on soupçonnait sa collaboration avec le Sénateur et chanteur Garcia Delva proche du pouvoir, aucun suivi judiciaire. 

Arbitrairement, des policiers ont tabassé le Sénateur Kedlaine Augustin, un autre homme de loi proche du pouvoir, comme quoi la plaque d’immatriculation de sa voiture aurait été impliquée dans 7 cas de kidnapping, et la Direction Centrale de la Police Judiciaire avait des indices importants. Tous ces dossiers sont classés sans suite. 

Les cas d’enlèvements sont innombrables, le chef du CSPN en ses qualités de Premier Ministre exhorte la population à faire preuve de prudence, et montre l’impuissance de l’Etat et qu’il est co-responsable avec Jovenel Moïse. L’indifférence de tout et chacun est clair, pas une seule note. Les artistes, les politiciens, les anciens cadres, les hommes d’affaires et même la police ne s’y mêlent.

Sonlay CHERISIER

Sonley CHERISIER

Journaliste, étudiant en sociologie et entrepreneur. Bon amant de la lecture et de la politique. Un mordu de la diplomatie et les sujets internationaux.

Une réflexion sur “EDITORIAL | Le laxisme haïtien à son paroxysme

  • 26 décembre 2020 à 10:15
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    C’est que ce genre de réflexion est produit par un intellectuel haïtien. Là je suis dans l’intro. Est-ce une acceptation de ce mode de vie ou une imposition ?

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