Haïti/reddition de compte: Frantz Mackenzie Lainé explique son implication

La société haïtienne dans ses différents compartiments se réveille pour exiger que les responsables rendent compte de leur gestion. Dans l’actualité depuis près d’un an : le dossier de dilapidation des fonds du programme Petrocaribe.

Après les deux rapports sénatoriaux, la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) vient confirmer qu’il y a eu de « collusion, de favoritisme, de détournement de fonds » dans la gestion dudit programme.

Depuis la sortie de la deuxième version du rapport par la CSC/CA le 31 mai 2019, plusieurs personnalités venant de différents secteurs de la vie nationale exigent le départ du président Jovenel Moise dont le nom a été cité dans le gaspillage du fonds à travers sa firme AGRITRANS. Frantz Mackenzie Lainé, étudiant en Service social à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH) se trouve dans cette catégorie. Présent à la marche du dimanche 9 juin, l’étudiant exprime son ras-le-bol. «L’arrivée au pouvoir de Jovenel Moïse m’a fait que précipiter vers le gouffre de la misère et l’indignité.

D’ailleurs dès la première année de son mandat, il a imposé à la nation un budget au détriment de la population, un budget anti-peuple. Malgré tous les cris de protestation, le président a parlé point barre. Le président est un champion de l’histoire en discours fallacieux. C’est le plus grand expert de l’histoire en paroles mensongères. Même la plus banale de ses promesses n’a pas pu être respectée. «Courant 24/24, caravane changement, wifi au Champs-de-Mars, logements pour les professeurs, les infirmières et les policiers… » Tout n’est que de promesses fallacieuses selon Lainé.

Frantz Mackenzie Lainé qui enseigne les Sciences sociales dans plusieurs écoles secondaires de la capitale indique que le pays n’est pas gouverné. « La DGI est entrée en grève avant le 9 juin. Plusieurs employés du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) n’ont pas perçu leur dû depuis plusieurs mois. Il en est de même pour la Croix-Rouge, la PNH… Le dollar prolonge sa course vers une inflation interminable, l’insécurité devient la norme. Les proches du président sont mentionnés dans tous les scandales écœurants » se désole celui qui prône la réalisation d’un procès équitable. Pour toutes ces raisons, le président doit partir insiste-t-il.

Mise en garde contre l’opposition politique Frantz Mackenzie Lainé dit reconnaitre le mérite des leaders de l’opposition politique qui ont agité initialement le dossier Petrocaribe. « Me André Michel a accompagné plusieurs plaignants dans le dossier », se souvient-t-il.

Cependant, « nous devons nous montrer vigilants pour que 2004 ne se reproduise pas en 2019 » met en garde l’étudiant finissant en Service social. Il croit que plusieurs politiciens de l’opposition tentent de redorer leurs blasons ou leurs images à travers ces évènements. « L’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami » a-t-il déclaré.

L’étudiant qui se dit engagé et prêt à participer à toutes les actions visant le départ de Jovenel Moise plaide pour un gouvernement de transition qui aura pour missions de réaliser le procès petrocaribe ; faciliter l’élimination progressive du système sociopolitique et économique actuel à travers une autre constitution ; et réaliser des élections pour une nouvelle classe d’hommes et de femmes d’État.

Depuis le 31 mai dernier, date de la publication du dernier rapport sur la gestion du fonds petrocaribe, le président Jovenel Moise n’a fait aucune déclaration publique alors que son nom est cité dans plusieurs projets dont la CSC/CA constate des irrégularités ayant causé des préjudices au projet et à la communauté.

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