Le moment de l’incertitude renforcée

National

EDITORIAL

Dans moins d’un mois, ce sera le premier anniversaire des troubles sociopolitiques ayant troublé le sommeil du président Jovenel Moise depuis son accession au pouvoir en février 2017.

C’était un 6 juillet 2018, suite aux mesures prises par l’administration Moise-Lafontant d’augmenter le prix du carburant, que la population s’est levée pour manifester son mécontentement. Cette réaction a contraint le gouvernement d’alors de retourner sur cette mesure d’augmentation et du coup, a emporté ledit gouvernement dirigé par le Dr Jack Guy Lafontant.

Depuis lors, on dirait que le glas a sonné pour dire non à un ensemble d’actes posés par les gouvernants. Le 17 octobre de la même année, plusieurs manifestations ont été organisées dans différentes régions du pays contre la corruption. Cette nouvelle cible (corruption) a été identifiée comme telle à partir de la question « Kot Kòb Petrocaribe a ? » du cinéaste haïtien Gilbert Mirambeau Jr. Le 18 novembre, des dizaines de milliers de citoyennes et citoyens ont été encore dans les rues pour crier leur ras-le-bol et exiger que la lumière soit faite sur la gestion du fonds Petrocaribe.

Après deux (2) rapports sur le dossier Petrocaribe réalisés par le Sénat de la République, le dossier a été porté par devant la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) considéré comme bras technique du Parlement. On parlait d’un rapport politique des sénateurs et qu’il importe de confier le dossier au bras technique.

Après plusieurs mois de travail, les conseillers de la Cour ont confirmé qu’il y a eu de gaspillage, de détournement de fonds et de collusion dans la gestion dudit fonds. Depuis lors (30 mai 2019), les Petrochallengers, des partis politiques, des structures de la société civile, exigent la démission du Président Jovenel Moise car son nom est cité parmi ceux qui ont participé au gaspillage de l’argent du Petrocaribe. Chaque jour, de nouvelles voix se font entendre pour demander au président de jeter l’éponge et de se mettre à la disposition de la justice.

A l’occasion de sa participation à la célébration du 24ème anniversaire de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Jovenel Moise a nié qu’il est un corrompu. Il invite les opposants au dialogue pour sortir le pays de la situation précaire dans lequel il se trouve depuis plusieurs années. Les opposants, les Petrochallengers, des organismes de défense des droits humains, des organisations religieuses, des intellectuels, des écrivaines et écrivains et d’autres personnalités de la société se sont prononcés en faveur de la démission du président.

Par rapport à cette conjoncture, les marges de manœuvre du président de la République sont limitées. Monsieur Jovenel Moise n’inspire pas confiance eu égard aux différentes initiatives de dialogue qu’il a déjà initié qui ne donnent pas les résultats escomptés. Les manifestations se multiplient, la colère de la population s’amplifie et l’administration publique ne fonctionne presque pas.

Au final, le président ne contrôle rien. Pas de gouvernement légitime alors que la précarité est visible. On a l’impression que le Président ne mesure pas la dimension de la crise actuelle et qu’il reste confiné dans ses illusions que le temps peut être en sa faveur.
L’incertitude s’installe.

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