Le programme ” EDE PEP, un vaste gaspillage de fonds publics

Economie National

La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) a remis le 31 mai dernier son « Rapport final 2 » sur les fonds PetroCaribe aux 2 chambres législatives. Evaluant 77% des projets engagés à l’aide de ce fonds, les juges de la Cour des comptes arrivent à la conclusion que « EDE PÈP », le programme phare de l’administration Martelly-Lamothe n’a été autre qu’ »un vaste gaspillage de fonds publics ».

Le programme « Ede Pèp » avait plusieurs projets comme « Ti manman Cheri, Kore Etidyan, Kore peyizan, Bon dijans/Bon de solidarité et Kore moun andikape ». La Cour dit déceler « des indices concordants de malevrsation financière d’une partie des fonds censés être alloués à ces projets ». Pour illustrer ses dires, la CSC/CA présente un tableau indiquant « que le montant total injecté et reçu directement des bénéficiaires TMC entre 2012 et 2016 s’élève à 579 986 600 HTG. Ce chiffre ne correspond pas à la réalité.

En effet, selon les données compilées par la Cour sur la base des factures et ordres de virements obtenus du FAES, le montant payé aux mamans correspond plutôt à 211 791 800 HTG. Il y a donc un écart d’environ 368 194 800 HTG qui confirme que les chiffres des paiements des bénéficiaires présentés par le FAES sont trompeurs et ne reflètent pas la réalité ». Tout ce gaspillage a été fait au nom de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale au détriment des populations les plus vulnérables, souligne le rapport.

Pour ce qui a trait au projet « Ti Manman cheri », le rapport souligne que 17 36 particuliers inscrits n’ont pas de numéro de téléphone. « Les rapports d’activités produits par le FAES indiquent pourtant que 97 106 bénéficiaires TMC ont été payés au cours de l’exercice 2012-2013 et 86 234 bénéficiaires ont été payés en 2013-2014.

Considérant que seulement 81 245 inscrits sont identifiés avec un numéro de téléphone, alors il en découle qu’il y a eu 15 861 bénéficiaires fictifs en 2012-2013 et 4 989 bénéficiaires fictifs en 2013-2014 qui ont été payés ».

Pour le projet « Bon solidarite/Bon Dijans », la cour révèle que 122 387 sur 273 909 bénéficiaires inscrits n’avaient pas de numéro de téléphone. Dans ces conditions, explique la Cour, si on suit la logique du tableau 10 (tableau inséré dans le rapport), « c’est dont au total 217 183 (151 522+ 55 823+ 9 838) bénéficiaires qui auraient été payés au lieu des 277 940 allégués par le FAES ». La Cour déduit qu’ « il y a donc 60 757 bénéficiaires fictifs ».

Pour la composante « Kach Transfè » du vaste programme « Ede Pèp » qui représentait 59% de l’enveloppe budgétaire, la Cour se questionne de sur la conformité du canal utilisé pour ce transfert à des particuliers eu égard aux lois de la République.

Ce rapport de la CSC/CA vient confirmer des allégations de corruption reprochées aux dernières administrations haïtiennes durant les 10 dernières années.

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