Les autorités sont-elles en panne d’idées?

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EDITORIAL

Depuis plus de deux mois, le parlement et l’exécutif peinent à doter le pays d’un gouvernement légitime depuis le vote de censure contre le gouvernement de Jean Henry Céant.

Après deux tentatives avortées au Sénat pour ratifier le gouvernement ayant à sa tête l’ancien ministre de la culture censuré par la chambre des députés, Jean Michel Lapin, le président du Sénat annonce des mesures exceptionnelles. Comme un président qui ne peut pas trouver la bonne formule pour inciter le débat contradictoire dans un espace où normalement ce devrait être la règle, Carl Murat Cantave, dans sa dernière sortie médiatique, menace de solliciter la force, donc la police, dans l’enceinte même de la salle de séance.

Cela dit, le sénateur de l’Artibonite met la pression sur le groupe des quatre sénateurs de l’opposition, minoritaire, qui ont empêché la réalisation des deux dernières séances au sénat.

Dans l’hypothèse que cette mesure ne donne pas les résultats escomptés, le médecin menace de « fermer le sénat pour restructuration ». Cette annonce fait écho d’une des revendications des manifestants lors de grandes turbulences de l’année dernière et du début de 2019. Des manifestants, déçus de la performance de nos parlementaires surtout ceux de cette législature (50ème), ont revendiqué la fermeture de ce parlement budgétivore.

Est-ce une suite que le président veut donner à ces revendications ?
Plus d’un se demandent d’où vient cette menace ? Qu’est-ce qui la motive ? Comment un espace où le débat contradictoire devrait être la règle puisse être fermé à cause des mésententes de ses membres ? Est-ce un manque de leadership du président du Sénat que l’assemblée des sénateurs ne puisse réunir, débattre et voter, dans un sens ou dans un autre, pour décider du sort du gouvernement ? Il est une évidence théorique que le président Jovenel Moise dispose d’une majorité dans les deux branches du parlement. Qu’est-ce qui l’empêche à mobiliser ses troupes pour ratifier le cabinet ministériel ? S’il y a toutes ces difficultés, n’est-il pas en droit de nous questionner sur le vrai rapport existant entre le palais national et le parlement ?

Les quatre sénateurs revendiquent leur position défendant, selon leur déclaration, la constitution et les lois de la République. Ils disent évoquer un point de droit sur le cas des ministres reconduits, qu’est-ce qui empêchent que les 29 « sages » mettent de côté leur égo, leurs intérêts parfois mesquins et personnels pour discuter objectivement de cette question ?

En fermant le sénat pour restructuration, va-t-on résoudre les problèmes structurels et conjoncturels du pays ? « Du choc des idées jaillit la lumière », dit-on ; existent-ils une parcelle de discussions véritables entre les autorités sur les problèmes du pays?

Vive Info

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