L’INSOUCIANCE ET LE DYSFONCTIONNEMENT DES TROIS POUVOIRS DE L’ETAT

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Editorial

Depuis le 22 avril 2019, un mouvement de grève est éclaté au ministère du commerce et de l’industrie (MCI) par des employés et contractuels de ce ministère. L’objectif est d’exiger le paiement d’arriérés de salaires, de réclamer les frais concernant les cartes de débits des fonctionnaires et d’exiger le retrait des lettres de pensions de certains employés.

Les protestataires reprochent au ministre, le Dr Ronell Gilles, de s’occuper exclusivement des affaires de ses amis avec un « cabinet pléthorique dont le salaire mensuel de chacun de ses membres est supérieur ou égal à 240 mille gourdes ». Depuis lors, le ministère est dysfonctionnel et aucune mesure n’a été prise pour relancer les activités de cette institution.

Parallèlement, les employés du ministère de la planification et de la coopération externe ont entamé depuis 9 semaines un arrêt de travail qui met ledit ministère quasiment dans la même situation que le MCI. Le titulaire, Monsieur Jean Claudy Pierre, n’y met pas les pieds depuis lors.

Il faut dire qu’à côté de ces deux ministères du pouvoir exécutif, la présidence est plongée dans un silence profond alors qu’un gouvernement est en attente de ratification par un parlement où le président bénéficie d’une majorité dans les deux branches.

Parlant du parlement comme pouvoir de l’Etat, il est dans une situation compliquée depuis le vote de censure infligé au Premier Jean Henry Céant et son cabinet ministériel par la chambre des députés. Le Sénat étant saisi dans le processus de ratification, le bureau de la chambre basse ne peut pas demander au Premier ministre nommé, Monsieur Jean Michel Lapin, de venir présenter l’énoncé de sa politique générale.

Deux tentatives du Sénat sont soldées par un échec à cause des positions divergentes du groupe des quatre sénateurs de l’opposition et le groupe majoritaire sur le choix des membres de l’ancien gouvernement nommés au gouvernement Lapin. Pour sceller son impuissance, le président du grand corps a menacé de « fermer le sénat pour restructuration » s’il arrive que des sages empêchent la tenue de la prochaine séance. Décision contestée par plusieurs de ses pairs dont quelques-uns devraient faire face à la justice pour avoir entretenu des relations privilégiées avec des chefs de gang.

Pour confirmer que le pays est en dysfonctionnement total, les magistrats rentrent en grève depuis près de deux semaines pour exiger des meilleures conditions de salaires et la nomination des juges bénéficiaires d’un avis favorable du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Dans les 18 juridictions du pays, les justiciables paient les frais d’un système défaillant où l’Association Professionnelle des Magistrats exige que la nomination des juges soit fixée jusqu’à l’âge de la retraite.

Voilà le tableau sombre d’un pays dysfonctionnel où la misère, l’insécurité et l’incertitude s’installent en système générateur de crise.

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