POLITIQUE | Election ou transition, l’opposition haïtienne dans la tourmente

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Ces derniers jours, la question des élections en Haïti domine les discussions dans l’opinion publique nationale. C’est l’occasion pour l’opposition de serrer les rangs et parler d’une seule voix afin d’atteindre leur ultime objectif: prendre le pouvoir. Cependant, on assiste à une division au sein de cette structure au rythme d’accusations, de dénonciations et de défection.

Les deux dernières élections en Haïti ont donné deux présidents quasiment inconnus dans le secteur politique en Haïti, à savoir Michel Joseph Martelly et Jovenel Moïse.  C’est une preuve que les haïtiens ont préféré élire des candidats sans aucun passé dans la politique. Peut-on alors parler de fin de règne des anciens politiciens en Haïti, ou serait-ce le résultat d’un système politique qui a échoué ?

Une opposition divisée

A l’approche des élections, le nombre des partis politiques augmentent considérablement dans le pays. La majorité des leaders de ces partis sont membres de l’opposition qui n’arrivent pas à s’unir afin de choisir un candidat pour les représenter aux élections. 

D’après les constats, l’opposition haïtienne est divisée en trois groupes : Les lavalassiens, partisans de l’ancien chef d’Etat, Jean Bertrand Aristide, le secteur Démocratique et Populaire, qui regroupe Me. André Michel, Nènèl Cassy, etc. et le parti Pitit Dessalines de l’ancien parlementaire et ancien candidat à la présidence Moïse Jean-Charles.

Face à Jovenel Moïse, cette opposition est en discordance interne.  Au cours de cette semaine, Edmonde Supplice Bauzile, leader du parti Fusion a porté des accusations contre Moïse Jean-Charles. Allégations que l’ancien sénateur du Nord a totalement rejetée lors d’une conférence de presse.

L’opposition haïtienne ne devrait-elle pas apprendre des dernières élections de la Bolivie?

L’opposition reproche sans réserve à la Communauté Internationale de soutenir le président Jovenel Moïse qu’on accuse de corruption. Est-ce que la Communauté Internationale est la seule coupable?

L’année 2019 est l’une des années les plus difficiles en Haïti. Le pays a connu une grande crise politique surtout avec le mouvement du  pays lock où on a assisté à de vastes mobilisations populaire contre le président Jovenel Moïse sans pouvoir l’amener à démissionner. C’est le même scenario qu’a connu la Bolivie avec le président Evo Morales. Grâce au support de la communauté internationale, l’opposition bolivarienne a pu renverser Evo Morales. Cependant, en Haïti, la communauté internationale s’arrange aux côtés du Président Jovenel Moïse.  Le dimanche 19 octobre, la Bolivie a donné une réponse à l’internationale en choisissant le dauphin d’Evo Morales, Luis Arce, comme président. Un signe prouvant que si l’opposition se prépare et s’unit véritablement, elle peut faire élire son candidat sans le support de la communauté internationale. Election ou transition, en quoi cela serait bénéfique pour le peuple haïtien?

Fédia Stanislas

Fedia STANISLAS

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