POLITIQUE | Une nouvelle Constitution et la suppression du plus ancien Sénat de la Caraïbe

Partager cet article:

En fin de mandat, Le président Moise semble vouloir laisser ses empreintes dans les entrailles politiques d’Haïti. Si le président souffrait d’un déficit de légitimité à la genèse de son mandat, élu avec seulement 500.000 votes, toutefois, en fin de mandat, le Président opte pour une nouvelle loi mère. 

Élu dès le premier tour, face à des adversaires récalcitrants, le président Moïse a connu des moments difficiles. L’opposition politique n’a pas voulu abandonner et souhaitait faire obstacle au deuxième quinquennat du pouvoir PHTK. Plusieurs opérations “peyi lòk”, des émeutes, des turbulences politiques font enfin que la paix ne soit pas au rendez-vous durant l’ère de PHTK deuxième version.

Malgré toutes les contestations, et les nombreux soulèvements populaires autour de la durée de son mandat, le président Moïse reste accroché au fauteuil présidentiel et compte supprimer le Sénat haïtien, pour faire place à un parlement monocamérisme. Dans la nouvelle Constitution, l’Exécutif souhaite avoir que des députés, il y aura d’autres dispositions quant aux attributions des pères conscrits : la ratification du conseil de la banque centrale, des directeurs généraux de l’administration publique, le contrôle et audit technique des directions autonomes. 

Depuis après 1986, la suppression ou la privatisation des institutions s’avère fréquente. L’armée haïtienne qui avait concocté plusieurs coups de force, avait fait les frais sous la présidence de Jean Bertrand Aristide en 1994. Et en termes de privatisation, la liste est longue. Maintenant arrive le tour du Sénat après un rapport sur l’affaire Petrocaribe qui avait défrayé les chroniques. 

Sans nul doute, n’étais ce le Sénat de la République, les galvaudages financiers des 3 à 4 milliards de dollars américains auraient été classé. 

Si le Sénat de la République coûte trop cher pour servir de repère pour certains saltimbanques, les élus du peuple doivent se montrer préoccupés par la misère et l’insécurité en Haïti que de s’offrir un luxe démesuré avec l’argent du trésor. Mais toutefois, la suppression du Sénat ne peut être la solution selon certain membre de la société civile. Selon le professeur et sociologue Auguste D’mezA, la démocratie repose sur la force des institutions, et la force des institutions démocratiques elle la trouve dans les personnes crédibles et honnêtes qui les dirigent. 

Si les institutions peinent à donner des résultats, il faut poser le problème, faire une bonne gestion de façon proportionnelle. Le parlement bicaméral n’a pas endommagé la démocratie fragilisée d’Haïti, mais plutôt, il faut une sorte de réforme dans la justice. Ils sont plusieurs, ceux qui s’apprêtaient à assermenter et déjà en fonction ceux qui ont été appréhendés par la justice étrangère. Surtout la DEA. 

Alors la passoire de la justice laisse filer ces gros poissons en quête d’immunité, en effet, fraîchement arrêté pour vol de voiture, cet ancien député devenu Sénateur est aujourd’hui chef de parti. Selon le témoignage d’un avocat qui requiert l’anonymat, un ancien Sénateur doublé de président de l’assemblée nationale louait sa plaque d’immatriculation à un narco-trafiquant bien connu. 

Si le Sénat de son côté traîne ses lots de problèmes, ce n’est pas la faute de l’Institution en elle-même, l’attribution des hommes du temple de Thémis constitue et représente le véritable contre balance pour les délinquants.

Ils sont quelques-uns, ceux qui ne sont pas entourés de scandales mais la justice droit jouer sa partition pour remettre debout le symbole de la démocratie haïtienne qui est aujourd’hui en lambeaux. La nécessité d’avoir une nouvelle Constitution est remarquable mais, avoir le bon message ne veut pas forcément dire être bon messager.

Sonley CHERISIER

Journaliste, étudiant en sociologie et entrepreneur. Bon amant de la lecture et de la politique. Un mordu de la diplomatie et les sujets internationaux.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :