REP. DOM | Les revirements du gouvernement en seulement quatre mois

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La décision de suspendre les contrats d’environ 100 millions de pesos accordés aux artistes par le Cabinet pour la Coordination des Politiques Sociales (GCPS) est au moins la plus récente de plusieurs mesures que le gouvernement a «annulées» en seulement quatre mois de mandat.

Des critiques ont inondé les réseaux sociaux lorsqu’on a annoncé lundi dernier que le soutien financier apporté aux musiciens a été une mesure pour venir en aide à ce secteur tellement touché par la pandémie. Les artistes ont alors accepté de faire des show virtuels aux citoyens via les plateformes numériques et la télévision.

Quatre jours plus tard, le coordinateur des politiques sociales, José Francisco «Tony» Peña Guaba, a déclaré qu’en raison d’irrégularités découvertes par la Direction Générale des Marchés Publics (DGCP), il mettrait fin aux contrats que ce cabinet avait signés avec un groupe de 70 artistes.

Suite aux multiples plaintes de la population, Peña Guaba a annoncé que l’argent serait donné comme soutien de solidarité, suite à une recommandation de Carlos Pimentel, directeur de la DGCP.

Budget 2021 et taxes

L’un des cas les plus commentés a été l’annonce faite début octobre, sur l’avant-projet de budget pour 2021, qui incluait les taxes sur les services numériques proposés par des entreprises étrangères, telles que Netflix, Uber et Spotify; et il envisageait également d’imposer un double taxe sur les salaires pour ceux concernés.

Quelques jours plus tard, le président a expliqué que les taxes susmentionnées seraient appliquées temporairement en 2021 et a déclaré qu’ils étaient en mesure de parler avec la société dominicaine de la proposition et que s’il y en avait qui devaient être supprimés, ils le feraient.

Cependant, une semaine plus tard, le chef de l’État a annoncé que son gouvernement retirerait sa proposition fiscale de l’estimation des fonds pour l’année prochaine, car ils étaient parvenus à un consensus avec le secteur financier et la société minière Barrick Gold, un accord qui permettrait de disposer des « les ressources équivalentes aux nouvelles mesures fiscales proposées dans le projet de loi de finances ».

En ces premiers jours d’octobre, le rejet de la société a également été provoqué par la diffusion sur Twitter d’un mémorandum du Ministère de la Défense affectant quatre gardes du corps au journaliste Melton Pineda en sa qualité de consul dominicain à Sao Paulo, au Brésil.

De cette équipe de sécurité, deux des officiers sont ses enfants, le premier lieutenant médical Maricarly Pineda Medina et le sergent-major Melton Junior Pineda Medina.

Quelques heures après que le document soit devenu viral, le président Luis Abinader a limogé Pineda de ses fonctions de consul au Brésil, ainsi que des dizaines de fonctionnaires du service extérieur par le biais du décret 535-8.

De même, le Ministère de la Défense a annulé le mémorandum 23771, daté du 6 octobre.

Reconstitution 11 annulée

À la fin de son deuxième mois en tant que Président, Abinader a révoqué le 24 octobre, l’annulation de 11 fonctionnaires nommés dans les consulats et ambassades, par le décret 584-20. Dans ce groupe figurait Maricarly Pineda Medina, fille de Melton Pineda, qui collabore comme auxiliaire au consulat de la République Dominicaine à Miami, aux États-Unis, depuis 2018.

La marque du pays

Un autre cas qui a suscité beaucoup de discussion est la présentation de la stratégie de la marque du pays, qui s’est tenue le 20 octobre. Bien que la gestion de ce projet ait été un travail préparé par l’ancienne direction, la présentation de la stratégie a été exécutée et assumée par le gouvernement actuel du Parti Révolutionnaire Moderne (PRM).

Cette stratégie qui cherche à renforcer l’image de la nation à travers les exportations, la culture, l’investissement et le tourisme, a été mise en cause dans une polémique lorsque des accusations de plagiat du logo ont été portées.

La typographie du logo qui identifie la stratégie est attribuée à un créateur russe nommé Ivan Bobrov, qui prétend l’avoir produit en 2014. Bobrov a été surpris par l’information selon laquelle la République Dominicaine l’utiliserait comme son insigne dans sa stratégie de promotion internationale alors que l’image n’a été vendue ni mise à disposition à travers aucun intermédiaire.

Pour résoudre ce problème, le Centre d’Exportation et d’Investissement de la République Dominicaine (ProDominicana) a décidé d’intenter une action en justice contre l’agence mexicaine Beker, responsable du logo Country Brand.

Malgré cela, le 26 octobre, le Ministre du Tourisme, David Collado, a annoncé qu’il lancerait un concours pour changer le logo de la marque du pays, et ainsi compléter la stratégie de promotion positive de la République dominicaine.

Au moment de l’annonce, le responsable du tourisme a déclaré que le changement de logo du projet était dû aux différentes questions qui se sont posées après le lancement.

Plus d’annulations

Le vendredi 6 novembre, la directrice du Musée National d’Histoire, Reina Rosario, a été renvoyée de cette institution après avoir déposé une plainte pour agression verbale contre le directeur national des musées, Carlos Andújar.

Les divergences entre Rosario et Andújar sont survenues car ce dernier n’aurait jamais accepté sa nomination et l’a donc appelée pour l’insulter, ce qui a amené l’historienne à faire un recours au parquet.

Selon les informations, la Ministre de la Culture a demandé à Rosario de retirer la plainte, ce à quoi elle a refusé.

Cependant, le mercredi suivant la révocation, Antoliano Peralta, consultant juridique auprès du pouvoir exécutif, a annoncé la réintégration de Rosario, s’assurant que la décision était prise par le président Abinader après avoir évoqué la capacité professionnelle et morale de l’historienne.

Décrets couvre feu.

L’avant-dernier couvre-feu imposé par le président Abinader était le décret numéro 504-20 et a été prolongé de 20 jours à compter du 2 décembre. Mais à l’approche des fêtes de Noël et de l’augmentation des cas positifs de Covid-19 dans certaines provinces, le gouvernement a appliqué de nouvelles restrictions à l’état d’urgence.

Le décret présidentiel 698-20 du 15 décembre a abrogé les précédents décrets numéros 504-20, 554-20 et 684-20 relatifs au couvre-feu, ainsi que leurs modifications.

Le nouveau système sur les heures de couvre-feu, qui comprend des heures de transit gratuit, en plus de semer la confusion dans la population, a suscité peu d’acceptation parmi les médecins.

Le jour de l’émission du mandat présidentiel, la vice-présidente Raquel Peña, directrice du cabinet de la santé, a annoncé que parmi les nouvelles mesures figuraient que les 24 et 31 décembre, le couvre-feu serait 7 heures du soi à 5h00 du matin et transit gratuit jusqu’à 1h00 du matin les 25 décembre et 1er janvier.

La confusion des citoyens est due au fait que désormais le pays, en plus d’avoir changé de jours avant la date limite stipulée dans le décret précédent, a deux heures de couvre-feu différentes selon les localités.

Face à la confusion, le gouvernement a publié le lendemain sous forme de questions-réponses, un document explicatif avec chaque mesure, les recommandations au président et tout ce qui concerne le décret. Cependant, le 17 décembre, le directeur de la communication et porte-parole de la présidence, Milagros Germán, a dû clarifier à nouveau lors d’une conférence de presse certains points liés aux nouvelles mesures établies dans le décret précité.

Traduction Joseph LEANDRE

Lire l’article original sur Linstin Diario

Joseph LEANDRE

Je suis Psychologue avec une spécialité dans la psychologie de la négociation. J'ai un diplôme en Droit International Humanitaire, Droit de Genève ou Droit des Conflits Armés. Je m'intéresse de manière particulière aux Droits des Femmes et aux violences basées sur le genre. Je suis pourtant un peintre portraitiste et un malade de Jazz fou imitateur de Stanley Jordan, mais ce que j'aime par-dessus tout, c'est lire et écrire!

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