SANTE | L’endométriose : le cancer qui ne tue pas

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L’endométriose est l’une des maladies gynécologiques qui touche 5 à 10 % des femmes en âge de procréer et 20 à 50% des femmes infertiles dans le monde. Elle est liée à la présence d’un tissu, l’endomètre, qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Sous l’effet des hormones au cours du cycle menstruel, ce dernier s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse et s’il n’y a pas de fécondation, il se désagrège et saigne : ce sont alors les règles.

Au moment des règles, les cellules vont se détacher et provoquer une inflammation responsable de fortes douleurs. Il existe en effet plusieurs types d’endométrioses: digestive, pulmonaire, vésicale et profonde. Elles se caractérisent par une variété de symptômes comme : troubles digestifs et urinaires, fatigue, infertilité, kyste, douleurs pulmonaires ou thoraciques, mais deux sont donc principaux : la dyspareunie et la dysménorrhée.

La dyspareunie c’est la douleur ressentie au moment des rapports sexuels, ce qui perturbe la sexualité. Âgée de 24 ans et étudiante en sciences médicales à l’Université Lumière à Port-au-Prince,  Vanessa  a été diagnostiquée  de cette maladie, elle raconte son parcours sexuel difficile :

«  Avec mon deuxième amoureux, c’était du sérieux et quand nous faisons l’amour, je commençais à ressentir de la douleur, puis des brûlures intenses. C’était pénible, j’étais perturbée et mon copain aussi. Après de longues discussions, nous avions passé trois mois sans faire l’amour. Je croyais que le problème était psychologique, quand on a réessayé, la pénétration était impossible et douloureuse…»

En revanche,  Marty, 38 ans et sans enfant, a souffert de la dysménorrhée, et elle est à sa deuxième opération pour l’endométriose :

« J’ai eu mes premières règles à l’âge de 14 ans, c’est là que mes souffrances ont commencé. Je redoutais toujours l’arrivée de mes règles, à chaque cycle, j’étais pliée en deux dans mon lit, je pleurais, je ne comprenais pas pourquoi j’avais si mal. Des douleurs terribles que je n’arrivais pas à supporter, mais puisque ma mère souffrait aussi de ces douleurs, je pensais que c’était normale. Jusqu’au jour, où un médecin m’a appris que je souffrais de l’endométriose.»

Par contre, la maladie peut aussi être totalement asymptomatique et découverte de façon inattendue, car c’est souvent au moment des consultations pour des problèmes de fertilité que les femmes apprennent sur cette maladie ou lors d’une cœlioscopie effectuée pour d’autres raisons. En général, c’est la présence des douleurs pelviennes sévères et persistantes qui alarmera sur l’existence de l’endométriose, d’après le Dr. Vladimir Larsen, spécialiste en endométriose, ces douleurs se manifestent le plus souvent pendant toute la durée des règles.

L’endométriose ressemble au cancer sans cellules cancéreuses, cependant, après de  longues périodes, elle peut se transformer en cancer.  Il n’y a pas de traitement pour soigner définitivement l’endométriose, en essayant, les douleurs reviennent souvent entre 6 et 12 mois après l’arrêt du traitement. Néanmoins, des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont prescrits pour atténuer les douleurs.

« Je viens de faire ma deuxième opération et je suis prête à tout enlever, peu importe mon utérus ou mes ovaires, afin de venir à bout de cette maladie, et je sais aussi que cela peut déclencher automatiquement une ménopause, mais je suis prête » avoue Marty.

Saphira ORCEL

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