SOCIETE | Le danger de transport motos surchargées en Haïti

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Sur la route de l’aéroport, une moto chargée du chauffeur plus 3 passagers essaie de se frayer un chemin au milieu d’un tap-tap et un bus. Plus bas, deux agents de la police font la circulation. La moto accélère pour éviter de se faire heurter par une des voitures et passe à toute vitesse devant les policiers qui, eux, ne bronchent pas. Tout va bien.

En peu de temps, une explosion spectaculaire de taxi de motocyclettes dans les rues de la Capitale se fait remarquer. Ils sont désormais des centaines de jeunes qui ont décidé de s’offrir ce type de véhicule afin de subvenir à leurs besoins. Insouciance, fougue, excitation, empressement sont en somme toutes les caractéristiques qu’on retrouve chez la majorité des conducteurs de motos en Haïti et sans aucune surveillance policière, le transport moto est un danger ambulant.

Au-delà des excès de vitesse, il y aussi le chargement de ces motos. « Si ça peut rouler, ça ira » se disent souvent les chauffeurs et les passagers, eux, semblent ne pas savoir s’ils ont leur mot à dire. Ils font totalement confiance aux chauffeurs même s’ils viennent tout juste de rencontrer ces derniers : «Je ne suis pas chauffeur, s’il dit que ça ira donc ça ira.». La finalité est donc des motos qui circulent avec un nombre de passagers supérieur aux recommandations de la loi.

Des sanctions inexistantes

En Août 2017, des sanctions ont été annoncés contre tous les chauffeurs de motos, plus spécifiquement, les chauffeurs de taxi-motos qui circuleraient sans casque mais rien n’a été annoncé contre la sur charge de ces motocyclettes. Résultat : Trois ans plus tard, aucun changement important sur ces points. Normalement, seulement deux personnes devraient être transportées sur une motocyclette pour la simple et bonne raison qu’il est déjà difficile de manipuler une moto avec un passager mais avec deux ou plus c’est encore plus compliqué. Pourtant les autorités restent de marbre contre les dangers que ça incombent.

Une sensibilisation extrêmement limitée

Une campagne de sensibilisation sur les dangers de la circulation en Haïti s’est résumée à seulement quelques images diffusées sur quelques chaines de télévision dans lesquelles on annonçait les mesures prises par la DCPR afin de mieux contrôler la circulation et ainsi protéger les citoyens. En théorie, la campagne via les chaines de télévision a mis l’accent sur les interdictions de la DCPR  visant les chauffeurs de taxi-motos contre les excès de vitesse, le non port de casques et la charge (de passagers ou de matériels). Est-ce un manque de moyens qui expliquent cette campagne si faible et si courte ou un désintéressement total de la part des autorités ?

Romain est un chauffeur de taxi-moto de 31 ans, père de trois enfants, il parcourt les rues transportant passagers et marchandises comme par exemple des sacs de charbon ou de ciment, des dizaines de bois, des boîtes en carton bien remplies ou encore des métaux et vers 2 heures de l’après-midi, il part chercher ses trois enfants à l’école ensemble. Le plus petit s’assied devant lui sur le réservoir, la plus jeune fille derrière lui et la plus grande âgée de 8 ans, elle, s’assied en pointe afin de protéger sa sœur. C’est leur mère qui les emmène à l’école le matin mais c’est Romain qui part les chercher de leur école située à Bois-Verna pour les emmener chez eux à Bon-Repos. Romain traverse donc plusieurs kilomètres par jour avec trois enfants sur une moto, passant devant plusieurs policiers et ce commissariat, mais jamais une fois il n’est rappelé à l’ordre. 

Antz Franceley ESPERANCE

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