SOCIETE | Les professionnelles haïtiennes dans l’ombre du masculin

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Tout comme les hommes, les femmes vont aussi à l’école, elles font des études professionnelles et universitaires. Malgré leur éducation, beaucoup sont à la recherche d’un homme pour gagner leur vie.

Avant les mouvements féministes, la représentativité sociale des femmes était peu valorisée. Elles ont mené de nombreuses luttes pour l’égalité et l’émancipation en Haïti. En 1934, la Ligue Féminine d’Action Sociale (LFAS) est officiellement créée. Elle a combattu pour la reconnaissance sociale des femmes haïtiennes et ont entre autre milité pour l’ouverture d’écoles pour filles, un salaire équitable pour un travail égal et la reconnaissance de l’égalité civile et politique.

En 1944, les revendications des femmes ont pris un essor considérable, elles ont obtenu le droit de se porter candidates aux élections législatives et municipales. En 1950 elles ont eu le droit de vote, à l’exception des élections présidentielles. En 1957, par la loi du 25 janvier, le droit de vote des femmes a été reconnu aux présidentielles. Cette lutte a chuté en 1957 avec l’arrivée du régime duvaliériste marqué par la dictature.

Suite au départ de Jean-Claude Duvalier, les femmes ont repris la bataille. Des leaders féministes venant de l’étranger ont rejoint la lutte. Elles ont crée plusieurs organisations des droits des femmes […] et le 3 avril 1986 a été marqué par une grande manifestation pour la démocratie qui a réuni plus de 30.000 femmes à Port-au-Prince.

L’éducation est un facteur essentiel dans  le développement et le progrès d’un individu sans discrimination de genre. Elle représente en effet la base du développement de toute société. Emmanuel Kant a dit que l’éducation permet à l’homme de combattre l’instinct. On peut aussi la définir comme l’action d’élever, de former un enfant, un jeune homme ou une jeune fille, amener quelqu’un à développer ses capacités intellectuelles et morales. L’éducation, ouvre à l’intelligence et offre une plus large manière de penser qui peut  influencer certaines habitudes et pratiques sociales.

Malgré l’émergence des femmes dans le monde, la majorité des parents haïtiens ne croient pas que leurs filles peuvent réussir leur vie de leur propre capacité, pourtant bon nombre d’entre eux, dépensent pour leur éducation depuis la maternelle jusqu’à l’unversité. En dépit de tous ces efforts, pour ces parents leurs filles doivent trouver des hommes de bonnes ressources économiques pour leur garantir un meilleur avenir.

Bien qu’il y ait beaucoup de femmes qui ont fait des études professionnelles et universitaires, le nombre de femmes qui exercent une profession est minime. Par le fait que les patrons veulent souvent en abuser sexuellement en compensation d’un poste. Face à ces cas d’abus, certains hommes interdisent à leur femme de se trouver un emploi. En effet, beaucoup de femmes munies d’un diplôme sont restées à la maison, collées à des tâches ménagères.

Les femmes deviennent de manière pratique sous la dépendance des hommes, dans une situation où leur choix est strictement guidé par l’intérêt financier.

« Quand j’étais à l’école, j’avais deux hommes sur ma route, un c’était un camarade de classe et l’autre c’était un professeur. Le camarade de classe était l’homme qui m’a séduit le plus mais quand je présente les deux à mes amies, elles m’ont conseillé de choisir le professeur. Connaissant les parents haïtiens, j’étais obligée de faire le choix du professeur, car si j’avais refusé de leur obéir, ils pourraient m’abandonner en chemin. » a révélé une jeune fille victime de cette mauvaise tradition haïtienne.

Quand une femme se trouve dans une situation délicate de s’adonner à un homme dans l’unique but de répondre à ses besoins économiques, cela crée un rapport socio-économico-sexuel, dynamique dans laquelle la femme est devenue la propriété de l’homme.  Ce choix, on le comprend bien a été fait de pa sa nécessité et sa vulnérabilité.

« J’ai tout sacrifié pour mes études professionnelles et universitaires mais je n’ai pas pu exercer mon métier comme je l’aurais souhaité. Parfois j’ai envie de brûler mes diplômes, car ils ne me servent à rien. J’ai regretté d’avoir gaspillé mon temps. »  regrette une victime.

Une femme éduquée n’a pas besoin d’un homme pour gagner son pain.  Si l’éducation professionnelle, c’est se préparer à un métier ou à une profession alors après avoir reçu cette éducation, elle devrait être prête à exercer son métier dignement pour gagner sa vie.

Stanley LEANDRE

Stanley LEANDRE

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