SOCIETE | Régulation inexistante des prix de transport routier en Haïti

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Dans un pays, ou l’absence de l’Etat est un constat tangible dans presque tous les domaines : Education, Santé, Environnement, Justice, Droit et même le service de transport, on croirait que rien n’est réglementé et pourtant à défaut de ne pas le savoir, la règlementation du transport est fixée par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), qui contrôle les prix des transports publics et des produits pétroliers.

Considérant qu’il est du devoir de l’Etat de prendre toutes les dispositions et mesures nécessaires en vue d’organiser ce secteur dans le respect et la garantie de la sécurité des vies et des biens, et d’œuvrer à la réduction du nombre de décès, de blessés, de dommages matériels, de dommages à l’environnement.  A cet effet, un organisme autonome chargé de mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de transport routier fut créé, un organisme autonome  à caractère administratif, doté de la personnalité juridique, jouissant de l’autonomie administrative et financière dénommé  Autorité National de Transport Routier  « ANATRANS », chargée de la régulation du transport routier.

En date  le 15 octobre 2020, le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), dans un communiqué a révisé à la baisse les prix des différents circuits du transport en commun sur le territoire national. Cette nouvelle décision s’appuie sur les nouveaux prix des produits pétroliers.

« Vu le communiqué numéro 5 du MAST en date du 14 mai 2017, fixant les prix du transport en commun et suivant l’avis conjoint des ministères de l’économie et des finances, du commerce et de l’industrie, fixant les prix des produits pétroliers en vigueur sur le territoire national à partir du 8 octobre 2020. Considérant qu’il y a lieu d’ajuster les prix du transport en commun par rapport à la fixation des nouveaux prix de carburant en vigueur ».

Au regard de la nouvelle fixation du prix des produits pétroliers, Le MAST a publié les prix des différents circuits du transport en commun sur le territoire national qui sont fixés comme suit, en voici une idée non exhaustive :

Les trajets de Port-au-Prince / Croix-des-Bouquets ; Bon Repos ; Pétion-ville, Delmas et Carrefour sont fixé à 19 gourdes.

Pour les trajets de longue distance, c’est-à-dire Port-au-Prince vers les villes de province, il vous faut selon le communiqué de presse : 219 gourdes pour se rendre à Jacmel ; 340 gourdes dans la ville des Cayes ; 583 gourdes à Jérémie ou à Port-de-Paix etc…

N’empêche toutefois que les gens agissent comme bon leur semble, et gèrent leurs activités au gré de leur humeur ou de leur désir. En dépit de La publication pour fixer les prix des circuits du MAST,  les chauffeurs de Tap-Tap n’y prêtent aucune  attention et fixent le prix de leur circuit à leur guise. Cette pratique, est monnaie courante dans la vie urbaine, le passager se voit obliger de payer une demi-course « bout kous » au prix d’une course normale pour enfin dépenser le double pour arriver à destination. Deux, trois, cinq gourdes en plus entrainent souvent de regrettables disputes entre chauffeurs et passagers.

Imaginez que vous êtes à Port-au-Prince et que vous voulez vous rendre à la Croix-des-Bouquets, vous ne pouvez pas vous rendre en ville soit à la station « Madan Kolo ». Vous avez deux possibilités soit vous empruntez la route en passant par Clercine (chose qui n’est pas toujours facile) ou vous décidez de vous rendre à Poste Marchand. Faites le calcul…

15 gourdes pour vous rendre au Carrefour de l’Aéroport ; 10 gourdes pour vous rendre à Gérald Bataille ; 25 gourdes pour vous rendre à Croix-des- Bouquets. Cela fait 50 gourdes. Presque le triple du montant fixé par l’état. Vous êtes nombreux aussi à faire le calcul, et vous vous demandez surement jusque à quand cette  supplice !

Ajouté à cela les chauffeurs peuvent décider de ne pas faire le circuit au complet, ils décident carrément d’inventer eux-mêmes leurs propres circuits sous prétexte qu’il y a trop d’embouteillages, ou alors le circuit est trop long. Cette attitude naît généralement au moment où les écoles fonctionnent normalement, et quand  il y  a plein d’activités, « Mwen pa prale », la fameuse phrase qu’ils aiment répéter. A ce niveau deux cas sont à envisager :

Soit ils décident d’ajouter entre cinq et dix gourdes au prix de la course ou alors  de doubler carrément le prix. Elle peut passer de 25 à 30 jusqu’à 50 gourdes.  « On ne peut pas rester dans la rue »… les passagers se résignent.

Soient ils décident de ne pas arriver à destination. Si vous empruntez le trajet de la Croix-des-Bouquets, trois circuits sont inventés pour des tarifs différents : Gérald  Bataille- Fleuriot (10 gourdes) / Fleuriot-Marassa (10 gourdes) / Fleuriot-Croix-des-Bouquets (15 gourdes).

Toutefois, aucune mesure concrète n’est envisagée par l’Etat pour accompagner les passagers contre cette injustice.

Rebecca Clermie LIBERUS

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