VIOLENCE | Hausse des cas de violence sexuelle sur mineures dans la Grand’Anse

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L’Initiative Départementale Contre la Traite et le Trafic des Enfants a enregistré une hausse des cas de violences sexuelles successives dans le département de la Grand’Anse depuis 2018. Dans la majorité des cas,  les victimes sont  tombées enceintes.  Dans son dernier rapport  l’IDETTE rapporte que 123  filles et femmes ont été violées dans les différentes communes de ce département.

La violence sexuelle faite aux femmes en Haïti, en particulier dans la Grand’Anse, est devenue un enjeu majeur dans le département. Une réalité qui crève les yeux mais banalisée par les autorités concernées, particulièrement la justice haïtienne. Un problème qui, semble-t-il, n’intéresse pas l’opinion publique non plus. Cette banalisation amène la majorité des victimes à garder le silence ou accepter de faire des compromis sous pression de leurs bourreaux.

Nouveau rapport de l’IDETTE.

L’IDETTE a rendu public un rapport sur le nombre des cas de violences faites aux femmes en 2020, les chiffres sont alarmants.  En 2018, 114 cas de violence dont 103 sur des mineurs ont été totalisés.  En 2019, la situation ne s’est pas toutefois améliorée, au contraire, on a connu une forte, avec 123 victimes de violences sexuelles physiques suivis de séquestration. 91 des victimes sont âgées entre  11 à 17 ans et 10 fillettes âgées entre 5 à 10 ans, les 22 autres ont 18 ans et plus.

Ces cas de violence ont toujours de graves conséquences sur les victimes : 10 cas ont occasionné une grossesse chez 8 filles entre 13 à 17 ans et 3 femmes entre 18 à 24 ans. Parmi les victimes de viol, on compte une fillette de  5 ans et une autre fille de 18 ans violée par son propre père. Pour les viols collectifs, 10 femmes dont cinq adolescentes ont été victimes.

La violence sexuelle sur mineures s’exerce dans différentes communes de la Grand’Anse. Le classement des viols par commune est réparti comme suit : dans la commune de Jérémie on compte 76 cas,  Anse d’Hainault  12 cas,  Dame-Marie 9,  Roseau 6, Moron 5, Beaumont 3, Irois 2, Pestel  2,  Abricots 2,  Chambellan 2.

Pour l’année en cours, l’Initiative Départementale  contre la Traite  et le Trafic des Enfants (IDETTE) a signalé avoir déjà enregistré trois cas de violence sexuelle sur mineure dans la commune de Dame-Marie.  L’une  des victimes  a été battue et gravement blessée par son  agresseur.

Que fait la justice dans cette situation?

Face à la corruption qui règne dans le système judiciaire haïtien ces dernières années, les parents et proches des victimes ont préféré négocier au lieu de porter plainte. D’après l’IDETTTE, aux Irois, quand une fille est violée, les parents négocient à huit clos avec le violeur une cinq-pièces : salon, salle à manger, chambre…), tandis qu’à Anse d’Hainault on réclame une somme de 100.000 gourdes. Une fois l’agresseur capable de répondre  aux obligations des parents, l’affaire est classée, et le violeur continue de circuler comme si de rien n’était.

En 2018, 25 sur 94 des violeurs ont été arrêtés. 13  ont été libérés sans purger leurs peines, les 12 autres  purgent encore leurs peines.  Quant restes, ils circulent librement dans la nature, et la justice peine encore à les retrouver.

Que fait IDETTE dans tout ça ?

L’IDETTE accorde une assistance psychologique, médicale, économique et un appui à la scolarisation des enfants victimes. L’IDETTE organise aussi des activités socio-culturelles dans les zones où ces filles ont été violées. De janvier à février 2018, l’IDETTE avait pris en charge 22 enfants, nous a confié Gerald Guillaume, coordonnateur de cette structure.

Les responsables de l’IDETTE veulent aussi doter la Grand’Anse d’une bibliothèque par commune, ce projet commencerait avec 4 communes;   Anse d’Hainault, les Irois, Bonbon et  Beaumont. Celle d’Anse d’Hainault sera inaugurée sous peu.

« L’idée de la création de ces bibliothèques provient d’un constat, car, dans les  communes ci-mentionnées, les livres ne sont pas accessibles aux jeunes. Ces bibliothèques pourraient contribuer comme l’un des moyens pouvant  diminuer les cas de violences sexuelles, d’autre part, elles aideront les jeunes à s’épanouir tout en ayant une culture de lecture », a  précisé Gérald Guillaume.

Créée  en 2005, l’IDETTE est une institution travaillant dans la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes dans le département de la Grand’Anse.  Elle travaille en partenariat avec plusieurs institutions dans le domaine telles que : IBESR, BPM, OPC et d’autres organisations de femmes à Jérémie.

Fedia STANISLAS

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