vivre sans papier en République dominicaine

Partager cet article:

L’émigration haïtienne vers la république a commencé en 1915 avec le débarquement des troupes américaines dans le pays ou des milliers de haïtiens étaient obligés de se rendre au pays voisin pour la plantation des cannes-a-sucre. Avant même la fin de l’occupation américaine, la république dominicaine comptait en moyenne 600 000 milles haïtiens.

L’arrivée du dictateur Trujillo au pouvoir n’était pas très bénéfique pour les haïtiens car il a volontairement organisé le massacre de plus d’un millier de ces derniers. Le 2 octobre 1937, il a enflammé la toile avec un discours provocateur a l’intention des haïtiens  en les accusant d’être des voleurs de bétails. Dans les années 1990, le gouvernement dominicain à mener de nouveau une vague expulsions massives qui obligea la junte centrale électorale, à refuser leurs ­papiers aux descendants d’Haïtiens nés en République dominicaine sans raison valable.

D’après la constitution qui régularisait sous le pays jusqu’en 2010, toute personne née en territoire dominicain devait posséder la nationalité dominicaine hormis les enfants de diplomates et les personnes en transit. Toutefois, la réforme constitutionnelle de 2010 a limité le droit à la nationalité aux enfants de résidents légaux  : Naître en république dominicaine n’assurait plus la nationalité. Et, trois ans plus tard, la Cour constitutionnelle ordonnait à la JCE d’appliquer cette réforme de façon rétroactive et de retirer la nationalité à toute personne née de parents sans ­papiers depuis 1929. Du jour au lendemain, 200 000 individus se retrouvèrent sans patrie : les descendants d’immigrés haïtiens.

L’impact de cette décision sur ces 200 000 haïtiens sans nationalité

Abandonnés à leur sort, depuis, ils doivent faire face aux différents types de violences perpétrés chaque jour :  incendies de domiciles, intimidations, arrestations arbitraires en pleine rue ou sur les lieux de travail, emprisonnement arbitraire, violations de résidences, descentes humiliantes de passagers haïtiens à bord d’autobus publics avec des affiches discriminatoires annonçant leur refus de transporter toute personne d’origine haïtienne, rapatriements collectifs à la frontière, séparation de famille, non-recours à la justice, interdiction de récupérer des biens, des salaires ou des effets personnels, insultes publiques et bousculades.

Dépourvus de documents, ces haïtiens se partagent entre la peur de se faire expulser vers un pays qui leur est presqu’inconnu et de vivre illégalementeRépublique Dominicaine ni de se faire arnaquer par des faussaires.

L’arrivée du nouveau président Luis Abinader a la tête du pouvoir dominicain n’a pas allégé les problèmes des haïtiens au contraire d’après lui, « Les Haïtiens qui viennent en République dominicaine doivent venir avec un permis de travail et se conformer à la loi, et après avoir terminé ce travail, ils doivent retourner dans leur pays». En quelques mots, le chef d’État dominicain a précisé que son gouvernement travaillera pour les Dominicains et non pour résoudre les problèmes des Haïtiens résidant sur le territoire dominicain.

Orcel Saphira

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :