Contentieux avec la CBAO : Bocar Samba Dièye exhibe ses preuves (documents)

« Qu’il me soit permis, au lendemain de la sainte fête de la Achoura, et au seuil de la nouvelle année musulmane, de présenter mes meilleurs vœux à tous nos compatriotes, de quelque confession qu’ils soient. Que cette année qui commence soit pour eux celle de l’accomplissement de tous leurs projets, mais aussi celle de la guérison de tous leurs maux ainsi que la réalisation de tous leurs rêves.

J’ai l’honneur, encore une fois, d’interpeler l’opinion nationale, et singulièrement les autorités de ce pays, à propos du contentieux qui m’oppose à la CBAO Groupe Attijari-Wafa Bank. Cet établissement, comme tout le monde le sait, veut me spolier injustement de la somme de 7 166 240 423 (sept milliards cent soixante six millions deux cent quarante mille 423) francs au prétexte d’une traite que j’aurais signée en sa faveur et dont elle n’a jamais pu produire l’original malgré mes multiples demandes, rappels et mises en demeure.

Et bien que la CBAO Attijari-Wafa ait été incapable de prouver la réalité de sa créance, elle a mis la main sur trois biens immobiliers m’appartenant d’une valeur de plus de 11 milliards de francs, qui lui ont été adjugés par voie judiciaire, et qu’elle cherche à vendre pour solder une prétendue créance de 7.166.240.423 francs.

Pourtant, l’expert-comptable Maguèye Niang, désigné par le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar avec pour mission de faire le compte de mes relations financières avec la CBAO, a conclu que la traite produite par cette banque n’était pas valide. Il ressort de cela et comme je l’ai toujours soutenu que c’est cette banque marocaine qui me doit de l’argent et non le contraire.

Si je reviens sur cette affaire, c’est pour porter à la connaissance de l’opinion et des autorités des éléments à même de leur permettre de se convaincre de la justesse de ma position. Autrement dit, pour montrer que je ne dois pas un seul franc à la CBAO AttijariWafa-Bank et que c’est la loi du plus fort qui a prévalu dans cette affaire.

En effet, le 02 avril 2009, la CBAO Groupe Attijariwafa bank adressait au cabinet de notaires Mes Amadou Moustapha Ndiaye et Aïda Diagne une lettre dont la teneur suit :

« Objet : Mainlevée par CBAO Groupe Attijariwafa Bank au profit de « Bocar Samba Dièye ». Maîtres, suite réduction des engagements de la relation citée en objet, dans nos livres, nous vous prions de bien vouloir procéder à la radiation de nos inscriptions hypothécaires en 1er et 2ème rang sur le Titre Foncier numéro 19 703/Dg à hauteur d’un montant de Francs CFA 2.200.000. Nous rappelons que les frais seront à la charge du client. Une prompte réaction de votre part nous obligerait. Veuillez agréer, Maîtres, l’expression de nos sentiments distingués. » (Voir fac-similé)

Ayant soldé entièrement mes engagements envers cette banque depuis cette date, et toutes les opérations que j’ai faites par la suite ayant été payées par débit de mon compte ouvert dans les livres de la BICIS — un compte qui a toujours été créditeur —, comment se fait-il que la CBAO Attijari Wafa Bank se lève un beau jour pour prétendre que j’aurais signé une traite en sa faveur et que je lui donc la somme de 7 166 240 423 francs ?

Cette mainlevée qui prouve que je ne devais plus rien à cette banque après lui avoir payé cash une somme de 4. 802. 562. 293 (quatre milliards huit cent deux millions cinq cent soixante deux mille deux cent quatre vingt treize francs) suite à une dispute avec M. Raghni, son directeur de l’époque, n’a jamais été exécutée malgré les instructions données.

C’est ce qui permet à cette banque marocaine, bien que ne m’ayant plus jamais prêté de l’argent par la suite, de mettre la main sur mes trois titres fonciers qu’elle veut vendre. (Ndlr, le tableau ci-contre récapitule toutes les opérations effectuées par la suite par M. Bocar Samba Dièye ainsi que leur mode de règlement).

Contentieux sur la cargaison de l’ « Eastern Sun »

Comme je l’écrivais dans une précédente déclaration parue dans les colonnes de ce même journal en date du mardi 25 octobre 2016, « c’est dans ces conditions qu’est survenue l’histoire de cette traite d’un montant de 5.650.000.000 de francs qui a été débitée irrégulièrement de mon compte, la CBAO Attijariwafa Bank prétendant avoir payé pour moi une cargaison de 17.650 tonnes de riz débarquée au Port de Dakar. Or, cette opération entrait dans le cadre normal de mes relations d’affaires avec la société suisse Ascot Commodities. J’avais d’autant moins de raisons de solliciter la banque marocaine pour payer cette cargaison que, cette même année 2008 où a éclaté cette affaire, j’avais fait venir 14 bateaux de céréales pour une valeur de 52 milliards de francs et j’avais tout payé. Le seul contentieux portait sur la cargaison de l’ « Eastern Sun » pour le déchargement de laquelle la CBAO Attijariwafa Bank prétend avoir payé pour mon compte la somme de 5.650.000.000 francs. Or, je conteste avec la dernière énergie avoir signé une quelconque traite au profit de cette banque et dont elle s’est prévalue pour débiter mon compte du montant indiqué ci-dessus, portant l’encours de mon débit à plus de sept milliards de francs ».

La traite alléguée étant d’un montant de 5. 650.000.000 de francs et la banque me réclamant en tout 7.166.240.000, il faut comprendre que la différence, soit 1.518.538.000 de francs, représente les agios trimestriels qu’elle a adossés à cette traite qui n’existe que dans son imagination mais qui constitue pourtant le fondement des poursuites qu’elle a entreprises contre moi depuis plusieurs années.

Cette histoire de traite n’ayant pas pu prospérer, les responsables de la CBAO Attijariwafa Bank ont excipé un « protocole d’accord » comme preuve d’une reconnaissance de cette dette de ma part. Or, le document en question, qui se situait dans le cadre de négociations pour la reprise de relations commerciales avec cette banque, n’a jamais été signé par cette dernière, sa direction basée à Rabat l’ayant rejeté parce que, faisait-elle valoir, les dispositions qui y figuraient ne correspondaient pas aux recommandations de la BCEAO.

Pour dire que ce « protocole d’accord » n’a aucune valeur juridique puisque n’ayant pas été signé par une des parties !

Toutes choses qui me font persister et signer pour dire que c’est plutôt moi qui dois réclamer de l’argent à la CBAO Attijariwafa Bank qui n’a jamais pu apporter la preuve de l’existence d’une créance qu’elle détiendrait sur moi. En effet, depuis plus de 50 ans que j’entretiens des relations d’affaires avec les banques, j’ai toujours été un client modèle qui a payé sans sourciller ses créances. C’est ce qui explique la grande confiance dont j’ai toujours joui auprès d’elles.

De la BNDS aux principales banques de la place aujourd’hui en passant par la Sonaga-Sonabanque, Assur- banque, la Sofisedit, la Banque sénégalo-koweitienne, etc. et autres établissements qui n’existent plus, j’ai toujours respecté mes engagements et soldé mes créances. Souvent pour des sommes beaucoup plus importantes que celle que me réclame la CBAO Attijariwafa. Ce n’est pas aujourd’hui, à 83 ans, au crépuscule d’une vie faite de travail et de vertu, que je vais essayer de flouer un établissement bancaire.

Partant de tous ces éléments, si je dis que cette banque marocaine veut me spolier, on peut bien me croire. Dieu étant avec les Justes, je continuerai ce combat pour l’honneur car étant convaincu d’être dans mes droits».