Rewmi : L’appel de Yankhoba Diattara à Thierno Bocoum démissionnaire du parti

Malaise et suspicion sont les sentiments les mieux partagés dans la cité du rail, suite à la « démission-surprise» de l’ex-parlementaire Thierno Bocoum du parti Rewmi de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck. Un départ que le 1er vice-président du Conseil départemental de Thiès, M. Yankhoba Diattara, considère comme « une grande perte ».

Le départ de l’ex-député Thierno Bocoum des rangs du parti Rewmi ne laisse pas indifférents les Thiessois, singulièrement les proches de M. Idrissa Seck. Cette « démission-surprise » a en effet sonné tous les militants de ce parti qui, ne pouvant faire autrement, ont donc pris acte de ce départ tout en s’en désolant.

C’est ainsi que le responsable national chargé de la vie de cette dite formation politique, par ailleurs 1er vice-président du conseil départemental de Thiès, Yankhoba Diattara, n’en revient toujours pas.

« Ce départ qui nous surprend et qui nous fait très mal parce que Thierno a été un jeune frère très engagé aux côtés du président Idrissa Seck mais aussi très apprécié pour ses qualités humaines et intellectuelles. C’est un jeune frère que nous apprécions beaucoup », témoigne M. Diattara.

Evoquant « la place de choix que Bocoum a toujours occupée aux côtés du président Idrissa Seck qui l’a formé, couvé et promu au point de lui conférer toute cette aura qu’on lui connait », Yankhoba Diattara reconnaît donc tout le « mal » que ce départ représente pour lui et ses camarades de parti.

Aventure hasardeuse ?

« Thierno Bocoum est un jeune frère que nous apprécions et avec qui nous avions l’ambitieux projet d’accompagner le président Idrissa Seck jusqu’à la magistrature suprême. Maintenant qu’il a démissionné pour continuer son combat politique autrement et ailleurs, nous sommes obligés de reconnaître que c’est très dur ».

Le responsable national chargé de la vie du parti Rewmi, personnellement, ne désespère pas de «faire revenir » l’ex-parlementaire, dans le respect de sa décision prise pour « convenance personnelle ». Toutefois, selon M. Diattara, « l’aventure dans laquelle Thierno Bocoum s’engage peut s’avérer hasardeuse ». C’est pourquoi, il es- time que « l’avenir de mon jeune frère est encore dans le parti rewmi et auprès du président Idrissa Seck ».

Tendant une main fraternelle à Thierno Bocoum, Yankhoba Diattara l’appelle à revenir sur sa décision.

« S’il croit à la destinée que nous partageons encore et s’il a la même vision que nous avons pour ce pays dans l’intérêt exclusif du peuple sénégalais, je pense que nous pouvons nous retrouver. Il peut y avoir une frustration, je le comprends, mais ce n’est pas une raison pour quitter le Rewmi. Par conséquent, je continue de travailler pour qu’il revienne à de meilleurs sentiments. Aujourd’hui que le président Idrissa Seck est perçu comme la seule alternative face au régime de Macky Sall, j’estime que ce n’est pas le moment de nous disperser, de tourner la page ou d’aller ailleurs ».

Toutefois, même s’il regrette profondément le départ de Thierno Bocoum, M. Diattara tempère les effets dévastateurs éventuels sur le parti.

« Il ne peut en aucun cas représenter un moyen de déstabilisation pour Rewmi. Lui-même, Thierno Bocoum, le sait. Mais l’évidence est que nous ne voulons pas qu’il parte. Nous voulons qu’il reste car ce que nous avons bâti ensemble durant plus d’une décennie, nous ne pouvons pas le vider d’un seul coup. ce n’est pas possible. Moi, en tout cas, c’est à ce niveau-là que je me situe ».

Tout compte fait, le moins qu’on puisse dire, c’est que Rewmi est en crise. Oumar Guèye et Pape Diouf n’ont pas suivi Idrissa Seck qui a claqué la porte de ‘’Benno Bokk Yaakar’’ pour, certainement, conserver leurs postes au gouvernement.

La notaire Nafissatou Diop, rendue célèbre par le fameux protocole de Reubeuss, a été débauchée par Macky Sall. Opa ndiaye, ancien ministre, après sa transhumance à l’APR, a été nommé secrétaire général adjoint de la Présidence. Le député de Tambacounda a tout bonnement refusé de quitter le groupe parlementaire de la majorité à l’assemblée nationale.

Une saignée qui a fini de créer le malaise et la suspicion dans un parti politique où chacun se demande qui sera le prochain à quitter le navire.

Cheikh CAMARA, correspondant permanent à Thiès 

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