L’affaire Khalifa Sall s’internationalise !

Face à la presse mercredi au siège d’Amnesty International à Sacré-Cœur, les avocats de l’actuel prisonnier le plus célèbre de Rebeuss, Khalifa Sall, ont annoncé l’internationalisation de leur combat. Ce, en traduisant l’Etat du Sénégal devant des juridictions internationales dont celle de la Cedeao. Revenant par ailleurs, sur la dernière décision rendue par le Cour Suprême, Me Khoureysi Ba et Cie ont révélé que cette haute juridiction a voulu leur faire comprendre que leur client n’est pas en détention…

Muets depuis quelques temps, les avocats de l’édile de Dakar, notamment Mes Demba Ciré Bathily, Khoureysi Ba et Seydou Diagne ont encore remis leurs robes pour défendre leur client qui est en détention depuis près de 7 mois.  Me Demba Ciré Bathily a ouvert le bal : « Depuis la proclamation des résultats des élections du 30 juillet par le Conseil constitutionnel, M. Khalifa Sall, en tant que parlementaire investi, bénéficie de la protection que lui confèrent les lois de ce pays. »

« Malheureusement, s’est désolé l’ancien patron d’Amnesty International pour le Sénégal, quand un débat juridique est souvent bien posé, il y a des gens qui essaient de brouiller les repères. Il n’y a pas de problèmes par rapport au contenu et au sens de la loi. Il n’y a pas d’ambigüité possible. Un Etat démocratique est fondé sur la séparation des pouvoirs. Et la séparation des pouvoirs signifie la protection des pouvoirs par rapport à l’autre. Comme disait Montesquieu : ‘Pour que le pouvoir arrête le pouvoir’. Le principe est qu’un député ne peut pas être détenu sauf dans les principes prévus par la loi. Nous n’en sommes pas là », soutient Me Demba Ciré Bathily.

Pour Me Seydou Diagne, « la justice sénégalaise, la justice de notre pays, ne nous écoute pas», car « la Cour suprême a trouvé le moyen de consigner que Khalifa Sall n’était pas en détention ».

Dans sa dernière décision, la Cour suprême considère Khalifa Sall devait consigner un montant prévu de 61.000 francs car cette règle s’applique normalement en matière de détention provisoire. Elle indique que le maire de Dakar n’était pas en détention provisoire. Ce qui eu le mérite de surprendre les avocats de l’édile détenu depuis mars 2017.

L’ancien pilier du collectif de Karim Wade de marteler : « Je pense nécessaire d’informer l’opinion que toutes les procédures qui ont été faites en réclamation devant la Chambre d’accusation de Dakar ou devant la Cour suprême sont des procédures faites pour réclamer les droits de M. Khalifa Sall »

Face aux journalistes, Me Seydou Diagne a déploré  la violation supposée de la loi par l’Etat.

« C’est pourquoi, nous avons décidé aujourd’hui d’internationaliser le débat notamment au niveau de la Cour de justice de la Cedeao, qui est une Cour régionale de promotion et de protection des droits de l’Homme parce qu’elle est uniquement installée contre la toute-puissance des Etats. Autrement dit, vous pouvez la saisir lorsque vous avez un Etat qui ne respecte pas les droits de ses citoyens. Nous espérons que l’Etat du Sénégal sera condamné et que, pour une fois, les droits de M. Khalifa Sall seront respectés ».

Bassirou DIENG