Franck Bares, professeur à HEC Montreal : « Croiser les compétences entre le Nord et le Sud pour les porteurs de projets »

Professeur agrégé à HEC Montréal, Franck Bares participe, depuis mercredi à Dakar au 10ème Congrès de l’Académie de l’entrepreneuriat et de l’Innovation (AEI) organisé pour la première en Afrique par BEM Dakar sur le thème : « Entrepreneuriat, croissance et compétitivité : expériences comparées ». Dans cet entretien, il revient sur son exposé intitulé « Speed dating inter-établissements » décliné sous le projet « Jeunes leaders de la Francophonie » qui constitue un projet de coopération internationale francophone de création d’entreprises surtout pour les étudiants. Ce projet concerne pour le moment le Burkina, Haiti, le Bénin et le Sénégal.

Votre communication du mercredi s’intitulait «Speed Dating inter-établissements». Quelle est la portée d’une telle communication ?

J’ai présenté mercredi dans le cadre du congrès de l’Académie de l’entreprenariat et de l’innovation (AEI) le thème Speed Dating inter-établissements, mais surtout l’initiative « Jeunes leaders de la francophonie » est un projet de coopération internationale francophone très ambitieux financé par Affaires Mondial Canada et en partenariat avec l’Université de Moncton et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). HEC Montréal est en charge d’une première phase dédiée à la constitution d’un dispositif de dix cours en ligne permettant de sensibiliser des personnes ayant des projets de création d’entreprises. Ce dispositif permettra de toucher d’ici 2019 quatre pays qui sont le Burkina Faso, le Bénin, Haiti et le Sénégal avec au moins une population d’environs 10 000 habitants. Dans un deuxième temps, l’Université de Moncton pourra assurer en collaboration avec des partenaires locaux dans chacun des quatre pays avec un accompagnement à la création ou au processus entrepreneurial pour aider au mieux les participants.

Le colloque de Dakar a été une occasion pour vous de développer l’idée de l’entreprenariat et l’innovation. Comment appréciez-vous ce modèle ?

Effectivement le congrès de l’aIe organisé à Dakar a été une belle occasion pour nous de croiser les regards, de partager les expériences des différents partenaires académiques politiques, ainsi que les sociétés civiles des différents pays impliqués dans ce colloque. Clairement la pédagogie a connu depuis quelques années des transformations majeures. Je peux en citer deux. La première d’entre elles est basée sur le besoin aujourd’hui d’expérimenter et d’approcher les réalités du terrain avec des ressources qui sont celles de chacun des porteurs de projet.

La deuxième est liée au fait que les entrepreneurs et porteurs de projet ont besoin d’accompagnement physique, mais aussi à distance pour sortir des frontières et de récupérer les contenus pédagogiques les plus pertinents dans le domaine. Il est clair qu’en ayant la possibilité de penser à travers les expertises disponibles dans la zone de la francophonie des soutiens aux porteurs de projets, il est possible d’envisager l’émergence de nouveaux dispositifs et d’opportunités d’affaire dans un avenir très proche.

Aujourd’hui quelle est la chance des pays du Sud d’apprécier le modèle des pays du Nord ?

Je pense que les pays émergents ou ceux du sud sont capables, pour la plupart de mettre en place des projets dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation de bien les accompagner. De nombreux professeurs ont été formés dans les pays du Nord où sont présentes beaucoup de compétences, mais simplement la possibilité pour des porteurs de projets de bénéficier des compétences croisées est l’objectif majeur. Ce n’est pas uniquement le regard du Nord vers le Sud, mais c’est de pouvoir bénéficier des expertises de chacun et de contribuer à un niveau d’expertise reconnue.

Qu’est ce qui explique le choix de venir accompagner BEM ?

C’est la première fois que le congrès se tient en Afrique, c’est le 10ème du genre depuis la création de l’association il y a 20 ans. On a la chance avec ce partenaire qui est BEM de pouvoir avoir un accès à accompagner le processus d’innovation et le partenariat ainsi que d’autres partenaires locaux. L’idée aussi est de pouvoir échanger et acquérir les réalités du contexte.

Propos recueillis par Abdou Karim DIARRA