Nouvel album, mystique, remariage … : Aida Samb dit tout

Vous l’avez voulu, désiré. Elle est enfin là. L’attente a été longue. Mais elle en valait la peine, selon les propres mots de la chanteuse, Aida Samb. Qui vient d’ « accoucher », oups qui apporte un bel cadeau de Noël à ses fans avec ce nouvel album «Woyal ma» (chante pour moi). Mais avant de le déballer, il va falloir dénouer ce cadeau-entretien sous vos yeux où la choriste de Youssou Ndour passe en revue sa carrière, parle de son nouvel album et de son remariage. Envie d’en savoir plus ? Déballons ensemble le cadeau. Et nous espérons qu’il sera à votre goût. Voici votre cadeau-entretien…

D’habitude, le nom de l’album est un titre éponyme. Mais cette fois-ci, vous avez choisi de donner un titre global à votre album, et différent des morceaux interprétés…

‘’Woyal ma’’ (Chante pour moi) est destiné à tout un chacun. Je chante pour celle qui a été atteinte mystiquement, pour celle dont le ménage est brisé à jamais, etc. Ces personnes ne peuvent chanter. Elles ne peuvent exprimer ce qu’elles ressentent. En tant que porteur de voix, je dois chanter pour ces sans voix. Comme si ce sont elles qui chantent pour elles-mêmes.

Dans la chanson ‘’Boul Ko sank’’, vous dénoncez le mystique. Avez-vous été touchée personnellement par ce phénomène ?

(Emotive). Je ne l’ai pas vécu directement. Mais c’est devenu un phénomène qui touche chacun de nous, soit directement ou indirectement. Pour une raison ou une autre, on cherche à vous nuire. Actuellement, on est dans un monde où les gens favorisent trop le mystique. Au point d’atteindre n’importe qui. Cette chanson, son inspiration trouve sa source dans l’histoire d’une voisine qui a été atteinte mystiquement à la fleur de l’âge. Au moment où elle avait juste 20 ans. C’est quelqu’un à qui la vie souriait. Elle avait tout pour elle. Avec son si jeune âge, elle avait réussi à trouver du travail. Aussi, elle voyageait aux quatre coins du monde. Un couple de Blancs avait même fait d’elle son chouchou. Et donc, la vie lui souriait beaucoup. En l’espace de quelques mois, elle a été atteinte mystiquement au point de perdre la raison. Elle n’avait plus ses facultés mentales. Et sa maman ne savait plus ni vers où se tourner ni se donner la tête.

De qui s’agit-elle ?

La fille en question, on habitait ensemble aux Mamelles de Dakar. Je ne veux pas trop m’appesantir du fait qu’il s’agit de l’histoire d’autrui. Mais cette affaire m’a beaucoup touchée. En raison de la jeunesse de la victime. Et des conséquences de cette affaire sur sa vie. C’est la raison pour laquelle j’ai chanté pour elle. Et pour d’autres qui vivent ce même problème. Atteinte mystiquement, la fille a perdu son travail du jour au lendemain. S’ensuit une folie.

Qu’est ce qui s’est passé par la suite ?

Aujourd’hui, elle se remet petit à petit, mais elle n’a pas encore sa grande forme. Pourtant, l’histoire date de 2013. Donc, cela fait maintenant 4 ans, bientôt 5 ans. Heureusement que sa maman est aux petits soins pour elle.

Une histoire qui a le don de vous arracher de chaudes larmes en pleine conférence de presse ?

Encore une fois, cette histoire m’a beaucoup touchée. Et c’est la chanson de mon album qui m’a le plus touchée. C’est tout à fait normal que je pleure parce que je suis d’avis que toutes les personnes qui écouteront cette chanson vont s’y retrouver. Les mélodies, les paroles, tout dans la chanson inspire la pitié.

Avez-vous personnellement vécu ce fait mis à part le fait que vous dites que c’est l’histoire de votre voisine qui vous a inspirée ?

Les problèmes, les histoires ayant trait au mystique touchent tout un chacun. Personnellement, je ne l’ai pas vécu. Et je ne souhaite pas vivre une telle horreur. Que Dieu m’en préserve. Bien sûr que je crois au mystique. Puisque le prophète Mouhamed (Psl) a été même atteint à plus forte raison nous autres.

Est-ce que cela vous conduit à se prémunir tout le temps ou avant de monter sur scène ?

A chaque fois que je monte sur scène, je récite ‘’Ayatoul koursiyou’’ (le verset du trône) pour me prémunir contre toutes sortes de dangers. Oui, je prends mon bain mystique. Pourquoi pas ? Et cela fait partie même de la vie.

Vous êtes restée cinq ans sans album sur le marché. Pourquoi ce long silence ?

Ce retrait était stratégique. C’était pour mieux préparer un album, donner le meilleur de moi-même pour satisfaire les fans. Et en toute modestie, je pense que ce produit est une confirmation pour ma jeune carrière. Même si je dois dire que l’attente a été très longue, la pression forte. Ce qui fait que j’insistais auprès de Ngoné Ndour (administratrice de Prince Arts). Laquelle faisait baisser le mercure en me demandant de patienter.

En presque dix ans de carrière, vous n’avez produit que deux albums. Et vos spectacles se font rares. Qu’est ce qui plombe ?

Bien sûr que je fais régulièrement des spectacles. Je me suis rendue dans certaines parties de l’Europe et aux Etats-Unis. J’ai fait pas mal de spectacles.

Et pourquoi vous ne le médiatisez pas ?

Les journalistes ont l’habitude de ne parler que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. En général, ils ne parlent pas trop de nos activités musicales. Ils s’appesantissent plutôt sur nos travers. Parfois, même pour des broutilles, ils l’amplifient pour lui donner l’ampleur que ladite affaire n’a pas. Et c’est surtout la presse en ligne qui se singularise dans des faits pareils. Malgré tout, on fait de belles choses.

Malgré tout, on ne vous sent pas trop. A l’opposé, Momo Dieng qui est venu après vous s’est produit au Grand-Théâtre, Pape Diouf, leader de la Génération consciente est annoncé dans la grande salle de Bercy l’année prochaine…

(Elle esquive la question). Le Grand-Théâtre n’est pas un défi. Ce n’en est pas un. J’ai fait des scènes plus grandes que le Grand-Théâtre (sic). Donc pourquoi se précipiter rien que pour se produire dans cette salle ?

Vous ne répondez pas à la question…

Chaque chose vient à son temps, à son heure.

Et c’est comme si vos activités de choriste de Youssou Ndour desservent votre carrière solo…

Non du tout. Je joue avec Youssou Ndour au moment où je n’ai pas de programmes en vue, ni de contrat à honorer.

Pourquoi avoir chanté l’ancien Khalife général des Tidianes Mame Abdou Aziz Dabakh ? Avez-vous une histoire particulière avec lui ?

Je le vénère comme je le fais du reste pour mon regretté marabout Serigne Saliou Mbacké. Toute ma famille pratiquement est ‘’tidiane’’. Moi, je suis Mouride du fait que je suis née et j’ai grandi à Mbacké voisine de Touba. Mon grand-père Samba Diabaré Samb a été éduqué par El Hadj Malick Sy. Celui-ci a même trouvé une épouse pour mon grand- père. Ma mère est l’homonyme de Fat Sy Mansour, épouse de Feu Serigne Mansour Borom Daraa-ji.

Il y a une autre chanson où on a comme l’impression que vous semblez répondre à des calomnies…

Il y a un peu de ça. Mais c’est une chanson qui est dédiée à mes amis d’enfance. Parce que parfois en tant qu’artiste, des gens pensent que l’on a changé. Alors que c’est le temps qui fait défaut. C’est un message qu’il fallait passer.

Vous chantez également le ministre Aly Ngouille Ndiaye dans une belle envolée lyrique en déclinant son arbre généalogique. Est-ce une chanson intéressée surtout que l’intéressé est aujourd’hui le ministre de l’Intérieur ?

Non du tout. Je ne cible pas la personne d’Aly Ngouille Ndiaye. C’est juste un ressortissant du Djoloff. C’est tout. Il habite là-bas. Et il s’investit beaucoup pour le développement de ce patelin. Ça n’a rien à voir.

A quand le mariage quand on sait que vous avez été mariée à un cousin. Et l’union a viré au fiasco puisqu’elle a duré le temps d’une rose ?

Cette histoire date de longtemps et est derrière moi. Je ne veux plus trop y revenir.

Est-ce le fait que c’était un mariage arrangé qui vous dérange ?

Passons à autre chose.

Est-ce qu’avec tous ces mauvais souvenirs, êtes-vous réellement prête au remariage ?

Pourquoi pas ? C’était mon destin. Et si Dieu le veut bien, j’aurais un autre mari très bientôt inch’Allah.

C’est quoi votre type d’homme ?

Je souhaite un mari aimant, compréhensif. Le reste n’a pas d’importance.

Et c’est lui que vous chantez dans «Yaw reek la» ?

Non, je n’ai ciblé personne. C’est destiné à toutes les femmes. Même si la chanson «Yaw reek la» (juste pour toi) est «Yaw reek la».

Maguette SEYE