Ministère de l’Economie et des Finances : La masse salariale inquiète des députés

Les inégalités dans la répartition des ressources doivent être corrigées. C’est ce que réclament certains députés de l’opposition qui n’ont pas manqué d’enfoncer dans « un fonds commun », lundi, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba. C’était à l’occasion du vote du budget général de l’Etat pour l’année 2018.

C’est le député non-inscrit Cheikh Bamba Dièye qui lance les hostilités. « Un Etat, c’est d’abord de la rationalité. Rationalité dans les agences. Rationalité dans la vision et rationalité dans la répartition des ressources. Et je pense que le premier problème que nous avons, c’est le déséquilibre financier qui existe entre des ministères comme le vôtre et d’autres ministères qui sont parfois les parents pauvres du budget national. Il y a aujourd’hui besoin de corrections. C’est vrai que le traitement des fonctionnaires ne peut pas être égal mais il est important que le ministère de l’Economie et des Finances cessent d’être ce refuge. Parce que tous les intellectuels et les cadres de valeurs sénégalais se ruent là-bas et veulent y travailler. Parce qu’on n’a pas besoin seulement de développer la tête mais aussi de développer aussi les autres parties du corps », a soutenu le leader du Fsdbj (Front pour le socialisme et la démocratie/Bënno Jubël).

C’est ensuite autour de Mamadou Lamine Diallo d’emboucher la même trompette. « Le fonds commun est un problème. Parce que l’élite, c’est-à-dire les directeurs, les inspecteurs et les contrôleurs des
impôts et domaines gagnent beaucoup plus que les techniciens, les ingénieurs, les topographes », dit-il.

Ousmane Sonko, lui, dit avoir relevé « quelques préoccupations par rapport au budget du ministère de l’Economie et des Finances. »

Il précise : « Pour la masse salariale, je pense qu’on a inscrit 25,4 milliards de francs alors que ce montant ne comprend pas le gros de la rémunération des régies financières de manière générale qui est payé par l’Etat. Je pense que cela pose un problème, plusieurs problèmes d’ailleurs. Le premier, c’est que ce type de rémunération – et nous discutions toujours, moi, en tant que secrétaire général du syndicat et vous, comme directeur général des Impôts – est un type de rémunération qui pose problème par rapport à la transparence qui expose les agents, qui crée une tension sur le ministère de l’Economie et des Finances et qui fragilise en même temps l’agent. Tout le monde veut y aller parce qu’on suppose qu’il y a des avantages. Je pense alors qu’il est temps qu’on réforme le système de rémunérations. Il pose le problème de la sincérité du budget. On n’a pas de traçabilité par rapport à ces importantes sommes d’argent qui sont payées. Je ne dis pas qu’on ne doit pas bien payer les agents du ministère de l’Economie et des Finances. Non ! Je sais qu’ils travaillent beaucoup. Nous avons passé à travailler ici de 9h à minuit et j’ai vu beaucoup d’entre nous montrer des signes de fatigue alors que c’est le lot quotidien des agents du ministère des Finances ou d’autres agences. Ils méritent donc une bonne rémunération. Mais, ce type de rémunérations les exposent parce que ça n’entre même pas en compte dans la détermination de la retraite. Beaucoup d’agents qui ont fini de travailler souffrent parce qu’ils n’ont plus ces privilèges dont ils disposaient quand ils étaient en activité. »

Bassirou DIENG