Momar Ndao, Ascosen : « Si l’eau est potable, le sachet peut être contaminé »

La vente de sachets d’eau en plastique est devenue un business florissant au Sénégal. Ce qui fait que les fabriques poussent comme des champignons dans la capitale. N’importe qui peut se payer le luxe de se lancer dans cette industrie, et aussi dans ce commerce, sans pour autant se référer à des normes. De plus en plus de consommateurs décrient la qualité de ce liquide précieux vendu en sachets. Le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao, se prononce sur ce sujet.

« La prolifération des sachets d’eau sur le marché peut être une menace à la santé publique parce qu’aujourd’hui, beaucoup de gens peuvent se lancer dans la fabrication alors que cela requiert des conditions d’hygiène irréprochables. Et tout le monde n’est pas logé à la même enseigne », a d’emblée soutenu le président de l’Association des consommateurs du Sénégal, M. Momar Ndao. Selon lui, ceux qui veulent se lancer dans ce commerce doivent avoir une autorisation de la Division du commerce et de la sécurité des consommateurs qui relève de la Direction du Commerce intérieur.

« Et une fois qu’ils ont cette autorisation, ils doivent être suivis de temps en temps par cette même administration qui va devoir faire des prélèvements pour voir éventuellement s’il n’y a pas de baisse de la qualité ou s’il n’y a pas de non-respect des normes par rapport à la potabilité de l’eau. Ce sont des choses qu’il faut surveiller parce que l’eau, tout le monde sait que c’est le principal vivier pour les microbes. De ce fait, elle doit être de qualité irréprochable compte tenu de tout ce que cela peut entrainer comme
dangers », estime Momar Ndao.

Selon le président de l’Association des consommateurs du Sénégal, « les fabriques peuvent avoir une eau propre à la consommation et la mettre dans un sachet contaminé ». D’où la nécessité d’une surveillance et du respect de normes strictes. A en croire M. Ndao, quand les sachets sont reçus, ils sont souvent très aplatis. C’est parce que dans certaines fabriques, les gens soufflent dedans ou y mettent leur salive. Ce qui pourrait contaminer le sachet. Conséquence, cela peut entrainer une prolifération des germes qui vont se développer. Et une fois que ces germes ou pathogènes sont dans l’eau, cette dernière peut provoquer des maladies telles que : la typhoïde, le choléra, la diarrhée, etc.

« Notre rôle est de faire des démarches de prévention »

D’après M. Ndao, les associations des consommateurs ont toujours dénoncé ces impairs, mais il y a quelque part un manque de communication en ce sens. Et c’est seulement quand il y a des conflits qu’on les entend dans les médias. « Dans beaucoup de cas, les choses sont traitées directement sans qu’il y ait de difficultés qui soient ramenées dans la presse », explique le patron de la principale organisation consumériste du Sénégal.

Selon lui, les associations de consommateurs mènent des démarches de prévention et de traitement. «Nous travaillons avec le Service d’hygiène et avec la division de la sécurité des consommateurs pour qu’à chaque fois qu’il y a un doute dans une fabrique, nous puissions saisir ces éléments assermentés qui vont veiller à aller faire des contrôles », confie Momar Ndao.

Il invite également l’Etat à donner davantage de moyens logistiques et humains au Service d’hygiène.

Aida MBOUP