Décès de France Gall, chanteuse française attachée au Sénégal

France Gall s’est éteinte dimanche 7 janvier 2017. Elle a été emportée par un cancer à l’âge de 70 ans. Icône de la chanson française depuis sa plus tendre jeunesse dans les années 1960, la chanteuse avait aussi, au fil des ans, tissé un lien particulier avec l’Afrique, et plus particulièrement le Sénégal, qu’elle avait découvert au cours d’un voyage au milieu des années 1980. Elle possédait une maison sur l’île de Ngor.

Au cours des années 1980, le milieu artistique français se passionne pour les œuvres humanitaires. C’est l’époque du « charity- spectacle » et France Gall, avec son époux, l’auteur-compositeur Michel Berger, sont de ceux-là. Notamment en 1985 pendant la famine en Ethiopie. C’est à cette période que France Gall découvre le Sénégal. Elle expliquera des années plus tard avoir rencontré, lors de ce périple, une mère de famille déshéritée qui lui demande d’adopter son fis, Babacar. Bouleversée, l’artiste française décide d’en faire plus. Avec Daniel Balavoine, Michel Berger, Lionel Rotcage et Richard Berry, France Gall crée alors « Action Ecole », une opération humanitaire de grande envergure sur le modèle du célèbre Band Aid du musicien britannique Bob Geldof.

L’artiste fera elle-même le récit de cette histoire en 2012. Un an après la mort de son ami, le populaire Daniel Balavoine, en janvier 1986 dans un accident d’hélicoptère au-dessus du Mali lors du Paris-Dakar, France Gall revient avec Babacar, opus en partie inspiré de son expérience en Afrique. La chanson « Evidemment » est elle écrite en souvenir de Balavoine. Puis, dans les années 1990 et 2000, notamment après la mort de son mari puis de sa fille, en 1992 et 1997, France Gall vit entre la France et le Sénégal. Elle possède une résidence sur l’île de Ngor, au large de Dakar, et compte parmi ses voisins insulaires un certain Wasis Diop, le célèbre musicien sénégalais.

Dimanche 7 janvier 2018, après l’annonce de la mort de l’icône française, ce dernier a souhaité lui rendre hommage. « C’est un bouleversement. Là-bas, je pense qu’elle va laisser un grand vide, mais vraiment ! Et les gens étaient aussi flattés d’avoir une personnalité comme ça », confie-t-il. Premier prix à l’Eurovision en 1965, elle laisse derrière elle une œuvre musicale importante, partie intégrante de la culture populaire française.

Avec RFI