Lancement d’Africinnov : Des prêts sans intérêt pour les entrepreneurs

Les membres du comité d'agrément en charge d'évaluer les demandes de financements

Les entrepreneurs en quête de financement pour développer leurs activités pourraient espérer trouver un début de solutions à CTIC où le fonds Afric’nnov a été lancé jeudi dernier en présence de Seydou Nourou Sy, directeur général de la Banque nationale de développement économique (Bnde) et Idrissa Diabira, directeur général de l’Agence de développement des PME (ADEPME).

L’Agence française de développement (AFD) et d’autres partenaires proposent une enveloppe de 450 mille d’euros, environ 295 millions de francs CFA, aux entrepreneurs. A travers les structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat en Afrique francophone, Afric’innov soutient les startups accompagnés dans les différents incubateurs africains concernés.

Pour en bénéficier, les chefs d’entreprises sénégalais évoluant notamment dans le numérique peuvent déposer leurs candidatures à CTIC auprès d’un comité d’agrément pour une évaluation. S’ils répondent à tous les critères d’éligibilités, ils devraient recevoir un prêt de 10 millions de francs CFA pour un délai de remboursement de 24 mois. Régina Mbodji, la directrice de CTIC, a annoncé qu’initialement les prêts étaient fixés entre 10 et 30 mille euros avant d’être revus à la hausse jusqu’à 50 mille euros.

« Sans intérêt, sans intrusion au capital de la start-up, les prêts d’honneurs sont destinés à financer les incubés à fort potentiel, créateurs d’emplois locaux. Ces prêts ont pour vocation de faire effet de levier auprès d’autres bailleurs », lit-on dans une note de présentation du programme.

Dans un contexte de bouillonnement des projets, les entreprises butent cependant sur un déficit de financements adaptés. Face aux réticences des banques à prendre des risques de les accompagner, les entrepreneurs du numérique étant confrontés à des difficultés à lever suffisamment de fonds en vue de soutenir leur développement. Les initiateurs d’Afric’innov veulent ainsi répondre à ce besoin en passant par les incubateurs comme CTIC au Sénégal. « Le financement de ces structures, comme des startups qu’elles accompagnent reste une des difficultés majeures et un frein à l’innovation ; les banques et investisseurs privés peuvent difficilement financer le risque et le début de parcours entrepreneurial, tandis que les politiques publiques restent souvent inadaptées aux réalités des innovateurs », relèvent-ils.

Venu prendre part à la cérémonie de lancement d’Afric’innoc, Seydou Nourou Sy, directeur de la Banque nationale de développement économique (Bnde) a indiqué que ce programme comble un vide dans le dispositif de financement des startups au Sénégal. « Nous avons décidé d’intégrer le comité d’agrément pour mieux comprendre et apprécier les projets qui sont destinés à ce fonds d’amorçage », a confié M. Sy. Selon lui, le numérique représente 3% des financements de la Bnde. Il a appelé les entreprises qui seront financées à bien rembourser leurs prêts afin d’encourager les bailleurs.