Casamance : Il était une fois une rébellion indépendantiste (MON)

Après la pluie, le beau temps. Après la longue nuit, la lumière du jour. Et après la guerre, la paix. Ainsi va le monde depuis la nuit des temps. A propos de guerre, justement, les plus longues d’entre elles — et même les plus courtes d’ailleurs — se terminent toujours autour d’une table de négociations. Pour dire que le conflit casamançais, pour ce qui concerne notre cher pays, a suffisamment duré et fait trop de morts, pour se prolonger encore. Il importe donc de signer une paix sans vainqueurs ni vaincus, le seul étant, au fond, le peuple sénégalais afin de s’atteler enfin à panser les paix, à reconstruire cette magnifique région abondamment dotée par la nature pour qu’elle rattrape le retard causé par presque 35 ans de rébellion armée.

Si les longue guérillas des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), du Sentier lumineux au Pérou, du Front sandiniste de Libération nationale au Nicaragua, voire de l’Ira (Armée républicaine irlandaise) ou même de l’Eta basque voire du Sud Soudan ont pris fin, à plus forte raison la lutte indépendantiste du Mfdc (Mouvement des forces démocratiques de Casamance). De ce point de vue, des pas décisifs ont été posés en direction de la paix depuis les rencontres de Toubacouta (tiens, tiens !), de Cacheu, en Guinée Bissau, de Foundiougne, les assises inter-Mfdc de Banjul I et Banjul II etc. La première fois que des médiateurs ont rencontré des rebelles dans le maquis, c’était à Toubacouta où s’étaient rendus Marcel Bassène, Laye Diop Diatta, Moussa Livio Diédhiou et Oumar Lamine Badji, tous anciens députés du Pds dont les trois au moins ne sont plus de ce monde. Une des rares personnes, très bon connaisseur du maquis, qui peut en dire beaucoup sur cet épisode, c’est Mansour Kama, le président de la CNES dont je me demande pourquoi il ne parle pas…

Des négociations ou simples rencontres ponctuées de cessez-le-feu, de trêves, de drôles de guerre qui ont permis d’instaurer des périodes de paix relatives ou de faire baisser l’intensité des combats. Ce, même si jamais, jusqu’à présent, un accord de paix en bonne et due forme n’a été signé entre le Gouvernement et la rébellion. Ou, plutôt, les différentes rébellions.

Cela dit, force est de reconnaître que jamais le Sud du pays n’avait connu une aussi longue accalmie que celle qui a été troublée le samedi 06 janvier dernier par la tuerie de la forêt de Boffa Bayotte au cours de laquelle 14 personnes, majoritairement des jeunes gens, ont été abattues de sang-froid et dans des conditions particulièrement horribles. Point commun à toutes ces victimes : c’étaient des coupeurs de bois. Ils s’étaient introduits dans une forêt officiellement classée pour se livrer à leur activité qualifiée de criminelle par les rebelles du Mfdc mais aussi par les habitants des villages voisins, lesquels ne font souvent qu’un, le dédoublement étant fréquent entre « villageois » ordinaires et maquisards indépendantistes. L’enquête ouverte par la gendarmerie nationale permettra sans doute d’établir ce qui s’est passé exactement ce jour tragique et d’identifier les auteurs de ce crime de masse abominable.

Certes, d’aucuns se sont dépêchés d’indexer le Mfdc, particulièrement la faction dirigée par le chef de guerre César Atoute Badiate. Laquelle a nié toute implication dans cette attaque. De même, l’aile politique du Mfdc s’est empressée de sortir un communiqué pour condamner le massacre et réaffirmer son attachement au processus de paix en cours. Si l’accalmie qui vient d’être rompue est en effet la plus longue qui ait été notée depuis 35 ans que ce conflit existe, c’est bien parce qu’un sérieux climat de confiance a été instauré sous l’égide de la communauté de San’ Egidio, en Italie, qui a à son actif la résolution de plusieurs conflits armés en Afrique. Mais aussi parce qu’un important travail a été effectué sur le terrain par le médiateur du gouvernement, l’ancien ministre d’Etat Robert Sagna. Lequel, sans tambour ni trompettes, a rencontré inlassablement les différentes tendances du maquis pour tenter de les rallier au processus de paix.

Le président de la République lui-même, partant du principe selon lequel « on ne fait pas de diplomatie sur la place publique » est en contact permanent avec cette rébellion à laquelle il a donné de sérieux gages quant à sa volonté de paix. En n’oubliant pas de l’aider à survivre et à ne pas mourir de faim, faute de quoi ses membres auraient multiplié les braquages pour se payer sur la bête.

Un contexte géopolitique favorable à la paix

Et puis, le contexte géopolitique est plus que favorable à l’avènement de la paix avec la chute du président Yaya Jammeh, qui utilisait l’aile du Mfdc dirigée par Salif Sadio pour avoir un moyen de chantage particulièrement meurtrier sur le puissant voisin qu’est le Sénégal, en armant et entretenant ses hommes. Jammeh tombé, c’est un président installé et gardé par le Sénégal qui est en place à présent à Banjul… Banjul dont l’approvisionnement en électricité est assuré par la Senelec ! Même chose en Guinée-Bissau, autre ancienne base arrière du Mfdc, — où depuis le temps des Samba Lamine Mané et autres Ansoumana Mané, il n’y a au pouvoir que des régimes amis du Sénégal ou craignant sa puissance de feu. Laquelle s’est exprimée lors de l’opération « Gabou » qui avait vu les troupes du général Mamadou Seck Faidherbe débarquer à Bissau pour rétablir au pouvoir l’alors président Nino Vieira. C’était en 1998.

Dans ce pays, le Sénégal a pu compter aussi sur des généraux amis comme le défunt Tagme Na Wei qui ont fait le job pour chasser les combattants du Mfdc de leurs bases arrière sur leur territoire. C’est d’ailleurs ce qui avait poussé Salif Sadio, jadis tout-puissant patron du front Sud du Mfdc, à se replier avec ses hommes à Banjul. La Gambie où Jammeh leur avait offert gite, couvert, argent et armes. La Gambie à partir de laquelle les chefs du Mfdc ont pu voyager à travers le continent ou ailleurs pour contacter des bailleurs parmi lesquels un certain… Laurent Gbagbo, alors président de la Côte d’Ivoire. Lequel, presque 20 ans après le régime du président Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya en Mauritanie, aidait la rébellion casamançaise pour déstabiliser quelque peu le Sénégal.

Aujourd’hui, aucun de ces chefs d’Etat hostiles à notre pays n’est plus au pouvoir et Bissau, par exemple, a fort à faire dans le bras de fer qui oppose le président José Manuel Vaz à son Premier ministre, soutenu par le Paigc, parti historique ayant obtenu l’indépendance du pays les armes à la main, pour s’amuser à mettre le feu au Sénégal. Sans compter qu’à six mois de la Coupe du Monde de football, Bissau y réfléchira à deux fois avant d’entreprendre quoi que ce soit d’hostile contre le pays du président Macky Sall sur qui il compte pour avoir les droits télévisés de ce plus grand événement sportif mondial !

Les héros sont fatigués et l’indépendance est si loin !

Outre ce contexte géopolitique particulièrement favorable à la paix en Casamance, il y a que, par-dessus tout, les héros sont fatigués. Un matin de la fin du mois de décembre 1982, des centaines d’hommes et de femmes, armés de flèches et de mousquets, chantant et dansant, avaient surgi de la forêt pour prendre d’assaut la gouvernance de Ziguinchor. Sur le mât de laquelle ils avaient voulu hisser le drapeau de la Casamance indépendante après avoir fait descendre la bannière tricolore sénégalaise. Un moment surprises, et même débordées, les forces de l’ordre s’étaient vite reprises avant de mener une contre-offensive foudroyante. La répression avait été terrible. J’ai eu la chance de couvrir, en février 1984, le procès des rebelles arrêtés à la suite de ces attaques, parmi lesquels Chérifo Bassène, un colosse de la nature, et Sawdiatou Jeannette Manga, une dame dont le témoignage poignant résonne encore aux oreilles du public ayant eu le privilège de suivre les audiences de la Cour de sûreté de l’Etat dirigée par le juge Aly Ciré Bâ.

Au cours de ce procès, les prévenus avaient eu à cœur d’expliquer les raisons qui les avaient poussés à prendre les armes contre la République. Ce qui est sûr c’est qu’à l’époque, on avait fait comprendre à tous ces égarés que l’indépendance de la Casamance était proche, que l’armée du « colonisateur » nordiste serait rapidement vaincue et qu’une nouvelle ère de très grande prospérité s’ouvrirait pour le peuple casamançais « opprimé ». Certains responsables de l’aile politique du Mfdc naissant se disputaient même à l’avance les postes dans le futur gouvernement, si ce n’est dans les institutions ou l’armée, casamançais ! L’abbé Augustin Diamacoune Senghor en particulier, qui avait inoculé le venin séparatiste dans les esprits des habitants de cette région naturelle au Sud du Sénégal, avait même fait croire à ses ouailles qu’il avait gardé dans un coffre les documents par lesquels la France avait accordé l’indépendance à la Casamance ! Bien évidemment, le défunt prêtre n’a jamais été capable de produire lesdits documents qui n’existaient que dans sa tête.

Il n’empêche, des milliers de jeunes gens se sont engagés dans la cause indépendantiste, notamment dans le maquis. Hélas pour eux, comme un mirage dans le désert, comme l’horizon ou comme des perspectives, cette indépendantiste, présentée au début comme à portée de main et très proche, n’a cessé de s’éloigner au fil des années. Des milliers de Casamançais sont morts sans l’avoir vue. La plupart des premiers chefs militaires du Mfdc — pour ne pas dire tous — comme Sidy Badji, Léopold Sagna, Maurice Diatta « Adiokane », ne sont plus de ce monde. D’autres comme Souhaibou Kamougué Diatta ont déposé les armes et tentent de convaincre leurs frères égarés à sortir du maquis. A l’instar de la révolution qui dévore ses enfants, beaucoup de chefs de la rébellion ont été tués par leurs propres frères d’armes au cours d’atroces batailles de positionnement.

Les mallettes d’argent envoyées par les différents pouvoirs en place à Dakar ont eu pour effet de disloquer le maquis. Lequel a éclaté aujourd’hui en 1000 morceaux et n’a plus de chef charismatique et incontesté depuis la disparition de l’abbé Diamancoune. Par-dessus tout, on a assisté à une dérive, voire une métastase maffieuse de ce maquis dont les chefs se sont lancés dans divers trafics comme celui des noix d’anacarde — chaque année, au moment de la récolte de ces dernières, on assistait à une recrudescence des combats dans le front sud particulièrement —, mais aussi le chanvre indien dans les Kalounayes ou les iles Karones. Sans compter les braquages sur les axes routiers ! Trente-cinq ans après l’éclatement du conflit, les chefs et les combattants de la première génération sont soit morts, soit vieux ou grabataires. Des milliers de malades et de blessés sont dans la forêt où ils ne bénéficient pas des soins que nécessite leur état.

D’aucuns, pour avoir commis des exactions, n’osent plus retourner dans leurs villages par crainte de représailles. Et toujours cette fichue indépendance qui s’éloigne plus que jamais ! D’où l’acceptation des plus lucides parmi les dirigeants du Mfdc de la main tendue de l’Etat en faveur de négociations de paix sincères qui aboutiraient au retour des enfants perdus dans le giron de la République.

Un conflit géré de façon très intelligente par l’Etat !

Un Etat d’autant plus à l’aise pour réintégrer ces rebelles que le rapport de forces lui est plus que favorable sur le terrain. Grâce à une armée particulièrement professionnelle et républicaine, en effet, la rébellion n’a jamais pu occuper, en un tiers de siècle de conflit, la moindre ville ni le moindre village du Sénégal. On a vu ailleurs des guérillas occuper des régions entières et les administrer, cela n’a jamais été possible au Sénégal. Au prix de lourdes pertes, certes, l’Armée, sous la direction de chefs intelligents, a su contenir le Mfdc sans jamais chercher à l’anéantir. C’est que, dès que le conflit avait éclaté, des consignes claires avaient été données aux officiers sur le terrain — et qui son appliquées jusqu’à présent : « ces gens que vous combattez, ce sont  des Sénégalais, ne l’oubliez jamais. Ils ont certes pris les armes contre leur pays, mais c’est par égarement. Par conséquent, ne vous comportez jamais avec eux comme avec des combattants étrangers qui auraient envahi le territoire national. »

C’est cela qui a fait que, dans certaines situations, l’Armée a préféré subir des pertes plutôt que de raser des villages à la suite d’embuscades tendues à ses unités ou de riposter lorsque les rebelles se réfugient au milieu de populations. Cette gestion intelligente du conflit a fait que ces dernières n’ont jamais pu être retournées contre l’Armée encore moins contre l’Etat. Autrement dit, elles n’ont jamais réellement adhéré à la cause indépendantiste. C’est ce qui explique qu’elles n’ont jamais fait l’objet de stigmatisation de la part des autres communautés nationales avec lesquelles elles vivent jusqu’ici en parfaite harmonie !

Je me rappelle toujours cette confidence que m’avait faite le président Abdou Diouf en plein conflit casamançais et qui traduisait la hauteur d’esprit de l’homme : « Vous vous rendez compte, M. Ndiaye, certains m’ont suggéré de me séparer des Diolas qui sont dans ma garde rapprochée ! Comme si ces agents ne sont pas des Sénégalais comme vous et moi et comme si leur patriotisme pouvait être mis en doute ! Cela, je ne le ferai jamais car ils gardent toute ma confiance ! » Partout ailleurs, une chasse aux sorcières aurait été organisée, guère dans notre pays. Encore une illustration de l’exception sénégalaise !

Cela dit, l’Armée elle-même a muté. Les hommes de troupe sont pour la plupart, aujourd’hui, sinon des bacheliers du moins des diplômés de l’enseignement secondaire. Ils sont plus difficiles à commander que leurs grands anciens qui n’avaient pas majoritairement le certificat d’études élémentaires ! Enfants d’un monde globalisé et d’un village planétaire, fonctionnant aux Tic, ces soldats aspirent comme tout le monde à un confort et à un bien-être. Ils n’ont pas forcément envie de mourir sous des balles rebelles au nom d’un patriotisme ou d’une intégrité du territoire, valeurs dont les dirigeants politiques eux-mêmes semblent se contreficher.

Comme je l’écrivais dans ces colonnes il y a quelques années, ces soldats d’aujourd’hui préfèrent se préserver pour aller gagner des dollars dans les missions de maintien de la paix onusiennes. Forcément, eux aussi aspirent à la paix, et donc souhaitent la fin d’un conflit qui n’a que trop duré. En 1982, la plupart d’entre eux n’étaient pas encore nés. Et puis, faire la guerre est devenu difficile dans un pays comme le Sénégal où les organisations des droits de l’homme font la loi et où, désormais, le moindre rebelle mis hors de combat doit faire l’objet de justifications de la part de l’Armée ! A preuve, en ce moment même est jugé devant le tribunal militaire de Dakar un jeune soldat accusé d’avoir… tué un rebelle au combat ! Dans ces conditions, allez donc demander à nos militaires de se battre pour préserver l’intégrité du territoire !

Les rebelles doivent pouvoir intégrer le jeu institutionnel

Il faut donc faire taire les armes en Casamance. De gigantesques pas dans cette direction ont été posés depuis 2012 — et même avant ! — et il serait dommage qu’un malheureux incident comme la tuerie de Boffa vienne tout remettre en question. Ce massacre est horrible, révoltant, barbare, inacceptable. Ses auteurs et leurs commanditaires doivent être pourchassés, arrêtés, traduits en justice et punis à la hauteur de leur forfait. Mais le processus de paix ne doit pas s’arrêter. Tout indique que cet acte barbare n’est pas le fait du Mfdc en tant que tel, même s’il n’est pas exclu qu’une de ses métastases l’ait commis. On ne saurait, pour autant, faire porter le chapeau au mouvement indépendantiste. La réalité c’est que, à l’ombre du conflit, ont prospéré divers trafics comme nous l’écrivions plus haut.

Et aujourd’hui, le plus juteux de ces trafics, c’est celui du bois dont les commanditaires sont des Chinois établis à Banjul et à Bissau. Ce trafic génère des milliards de francs et les pauvres coupeurs de bois abattus à Boffa ne sont malheureusement que le chaînon faible de ce vaste trafic. Preuve que les temps ont changé, l’attitude la plus républicaine observée au lendemain de la tuerie de Boffa, c’est celle de l’aile politique du Mfdc qui s’est fendue d’un communiqué très responsable pour alerter le gouvernement sur le vaste trafic de bois en Casamance. Et, en même temps, donner des pistes pour sévir contre ce trafic. Un trafic dans lequel trempent aussi, hélas, des fonctionnaires de l’Etat affectés en Casamance et qui s’enrichissent dans le business du bois !

Plutôt donc que de désigner le Mfdc à chaque fois qu’il y a du grabuge, le gouvernement gagnerait, cette fois-ci, à enquêter du côté de ses propres fonctionnaires ! Des fonctionnaires qui, par leurs agissements coupables et du fait de leur cupidité, sont capables de rallumer le brasier casamançais si un terme n’est pas mis à leurs agissements.

Le président de la République a le devoir de continuer à tendre la main aux combattants du Mfdc et de leur offrir « les honneurs de la guerre » comme l’avait fait le général de Gaulle aux officiers félons d’Alger. Et parce que la Casamance est une région spécifique — culturellement, sociologiquement, du point de vue de la nature mais aussi de l’enclavement —, il convient de lui offrir un cadre institutionnel spécifique marqué par une large autonomie. En marge des assises du Mfdc à Banjul, en 1996 (si ma mémoire est bonne), j’avais eu des discussions informelles avec certains responsables du mouvement comme Jean-Marie Biagui et feu Alexandre Djiba. Il en était ressorti qu’un statut comme celui de la Nouvelle Calédonie pourrait parfaitement faire l’affaire. A l’époque, j’avais d’ailleurs écrit un article en ce sens.

La Nouvelle Calédonie où, justement, les accords de Matignon de 1988 ( ?) suivis par ceux de Nouméa de 1998 sont en passe d’être renégociés, leur durée de 20 ans étant arrivée échéance. Un référendum d’autodétermination devrait avoir lieu normalement en novembre prochain. Aujourd’hui, dans cette île du Pacifique surnommée « Le Caillou », les indépendantistes du Flnks (Front de libération national kanak et socialiste) gèrent toutes les affaires de leur territoire à l’exception de celles qui relèvent du pouvoir régalien de l’Etat français.

Certes, des figures emblématiques comme Jean Marie- Tchibaou, Yéiwéné Yéiwéné, ou encore le radical Eloi Machoro — abattu par le Gign français — ne sont plus là, mais les Kanaks ont eu la maturité de choisir la voie politique pour faire aboutir leurs revendications. Ils devraient inspirer les dirigeants du Mfdc !

Mamadou Oumar NDIAYE