Energie : Le Sénégal prévoit un accès total à l’électricité en 2025

A l’aune des importantes découvertes de pétrole et de gaz sur nos côtes et l’exploitation de ces dernières ressources, l’Etat a décidé de réviser la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie (LPDSE) pour la période 2018-2022. L’atelier organisé mardi par le ministère du Pétrole et des Energies s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle orientation de la politique de l’énergie devant déboucher sur un accès total à l’électricité à l’horizon 2025. Un accès articulé autour d’une baisse des prix et une révision des textes et lois en vigueur dans le domaine.

La Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie avait été signée en octobre 2012 par les ministres en charge de l’Energie et celui de l’Economie et des Finances. Elle avait pour but d’opérationnaliser la vision du président de la République à l’horizon 2017 et a permis de faire passer le taux d’électrification rurale de 24% en 2012 à 40% en fin 2017. L’élaboration d’une lettre de politique est un exercice de consultation des acteurs qui nécessite leurs hautes participations pour apporter des avis et propositions au gouvernement en termes de diagnostic et de définition des orientations stratégiques.

« Pour l’accès des populations rurales à l’électricité, le taux d’électrification rurale est passé de 24% en 2012 à 40% en fin 2017 », a ainsi révélé le secrétaire général du ministère du Pétrole et de l’Energie. M. Adama Diallo a annoncé par la même occasion que « le développement des projets privés de production d’électricité (mise en service de 40MW solaire en 2016, et, globalement, d’une capacité additionnelle de 250 MW traduit la mise en œuvre résolue du mix énergétique ».

Dès lors, estime-t-il, « le défi, c’est l’accès universel à l’horizon 2025, parce que nous souhaitons avec la découverte du gaz qu’on puisse très rapidement passer au ‘’gas to power’’ pour avoir ce qu’on l’on appelle cheap énergie, que l’énergie soit moins chère au Sénégal », a expliqué le secrétaire général du ministère du Pétrole et de l’Energie. Mieux, indique-t-il, « sachant que l’énergie est un facteur de production important dans la métallurgie, il est important que le Sénégal puisse être un hub énergétique et permettre l’installation de plusieurs industries créant ainsi beaucoup d’emplois au niveau de notre jeunesse ».

M. Diallo a aussi rappelé que « les orientations stratégiques majeures sur la période 2012-2017 étaient fondées sur l’accès à l’énergie pour tous afin d’impulser une croissance économique et un développement équitable ; le développement d’un politique de mix énergétique associant le thermique, l’hydro-électricité, le charbon, le gaz naturel, les énergies renouvelables en exploitant au mieux toutes les possibilités d’interconnexion régionale et sous régionale ».

Autres buts poursuivis : la promotion de la maitrise et de l’efficacité énergétique, le renforcement de la régulation du secteur et de la gouvernance ainsi que la sécurisation de l’approvisionnement de notre pays en produits pétroliers de qualité dans les conditions optimales de sécurité. Last but not least, ces orientations majeures tendent aussi à l’intensification de la promotion du bassin sédimentaire mais aussi à l’assurance de la qualité des produits pétroliers ainsi que les conditions de sécurité des activités.

Selon M. Adama Diallo, « l’élaboration d’une lettre de politique sectorielle est un moment très important dans la vie d’une institution notamment d’un ministère, parce qu’il nous permet de savoir, de revisiter d’abord où est ce qu’on en est dans le secteur et il permet également à l’ensemble des acteurs, parce que nous l’avons voulu multi acteurs et pluridisciplinaires pour qu’ils puissent venir et participer ensemble avec nous à identifier le secteur, le diagnostic est profond et surtout pour proposer des orientations qui sont conformes à l’orientation du chef de l’Etat».

A en croire le secrétaire général du ministère de l’énergie et du Pétrole, 40 structures ont été consultées pour l’élaboration de cette lettre de politique sectorielle. Il s’agit notamment de l’ensemble des structures des ministères, des directions techniques, des directions nationales, des consommateurs sans oublier les producteurs et les pétroliers« qui ont tous été consultés pour qu’ensemble on puisse diagnostiquer le secteur et voir ce qui ne va pas en termes de textes, de mise en œuvre pour qu’on puisse lever tous ces goulots d’étranglement et faire avancer les choses », a expliqué M. Adama Diallo.

Pour conclure, in confie que « depuis trois mois, on est sur les consultations sur le terrain, nos équipes ont fait le travail, ont rencontré le ministre qui a donné ses orientations, des termes de références très clairs ont été faits.Et aujourd’hui, nous sommes là pour donner et partager avec les acteurs et corriger au besoin et avant de passer à la validation politique », précise le Sg du ministère de l’énergie et du Pétrole, Adama Diallo.

Ousmane THIOR