Tension sociale dans l’Education : L’optimisme béat de Serigne Mbaye Thiam

Les perturbations du système éducatif engendrées par les mouvements de grèves des enseignants, n’émeuvent pas outre mesure le ministre de l’Education nationale. Serigne Mbaye Thiam est plutôt optimiste quant à une année scolaire « sauvée » du spectre de l’année blanche qui plane déjà comme d’habitude depuis plusieurs années sur l’école sénégalaise.

Le ministre se dit convaincu qu’une solution sera trouvée pour la simple raison que les fils du dialogue avec les organisations syndicales enseignantes n’ont jamais été rompus. Qu’est ce qui peut bien fonder l’optimisme béat du ministre de l’Education nationale par ces temps de remous tous azimuts dans le système éducatif sénégalais ? C’est vraiment la question qui mérite d’être posée à Serigne Mbaye Thiam qui a indiqué dimanche à Saly Portudal qu’une solution à la grève des enseignants pour exiger le respect des accords conclus en 2014 avec le gouvernement du Sénégal sera trouvée.

Le ministre de l’Education, comme pour se donner bonne foi, a martelé que les syndicats d’enseignants, au sortir de leur rencontre avec le Premier ministre, devraient plutôt suspendre leur grève, compte tenu du partenariat et de l’intérêt des élèves et de l’école sénégalaise qui est en jeu. « Je pense que malgré les plans d’action qui sont déroulés, le dialogue n’a jamais été rompu entre le Gouvernement et les organisations syndicales. Nous continuons à discuter sur les questions pour prendre en compte leurs préoccupations. Mais, j’ai indiqué aux organisations syndicales, lors de la dernière rencontre que j’ai eue avec elles le 20 février qu’à mon sens, dans le cadre du partenariat et de l’intérêt des élèves et de l’école sénégalaise, si le Gouvernement s’est mobilisé autour du Premier ministre pour les recevoir et discuter avec elles pendant dix tours d’horloge, l’attitude la plus responsable à l’issue de cette rencontre, c’était de suspendre la grève et de faire des contre-propositions».

12 milliards FCFA d’indemnités de logement

Serigne Mbaye Thiam réagit à la grève des enseignants par cadres syndicaux interposés qui affecte de nouveau notre système éducatif depuis près de deux mois maintenant pour exiger du gouvernement le respect des accords signés en 2014. « Aujourd’hui, pour la question centrale de l’indemnité de logement, le Gouvernement a fait une proposition d’une dotation de 12 milliards de francs Cfa. Je peux comprendre qu’une organisation ne soit pas satisfaite, mais l’attitude pour moi, la plus responsable en ce moment là, c’est de dire nous faisons telle contreproposition pour qu’on en discute. Je pense aussi que l’attitude qu’il fallait avoir c’est de dire que pendant qu’on discute, on tient compte de l’intérêt des parents et des élèves on suspend la grève en continuant les négociations. C’est le langage de vérité que je leur tiens, on continue à le tenir, mais nous n’avons jamais rompu les fils du dialogue, nous continuons à discuter et je pense qu’on trouvera une solution», a ajouté Serigne Mbaye Thiam qui procédait dimanche à Saly Portudal au lancement de l’application de programmation et de suivi des constructions scolaires « Batimen ».

Les organisations syndicales enseignantes, par cadres syndi- cats interposés (Grand Cadre, G6, Feder , Useq, etc.) puis même quelques fois dans le cadre de l’Inter Cadre, ont fini, depuis la mi –janvier, de dérouler plus d’une dizaine de plans d’actions comprenant débrayages, grèves totales, marches nationales, conférences de presse, sit-in, assemblées générales , de replonger le système éducatif sénégalais dans une zone de perturbations dommageables pour les élèves.

En dépit des nombreuses sorties des enseignants pour expliquer leur bonne foi et la légitimité de leur démarche syndicale, le gouvernement du Sénégal, semble faire un pied de nez aux revendications des enseignants. Pire, le ministre –Directeur de Cabinet du Président de la République, s’est même permis de taxer les enseignants grévistes de « maitre-chanteurs» provoquant un concert de désapprobation quasi générale au sein de la famille enseignante.

La gravité du moment ne semble pas émouvoir le régime du Président Macky Sall, qui apparemment préfère encore faire du dilatoire avec les organisations syndicales enseignantes jusqu’au 19 avril prochain, date prévue pour l’évaluation du suivi des promesses faites par le gouvernement en janvier dernier aux enseignants quant au règlement de certaines questions comme la relance de l’octroi du crédit Dmc, de la signature d’ actes administratifs (intégration, avancements, alignements, rappels ).

Etienne NDIAYE, correspondant à Mbour