Relance du tourisme : L’espoir renaît à Pointe Sarène

Six mois après sa nomination à la tête du département du tourisme, le ministre Mame Mbaye Niang a effectué sa deuxième visite de terrain sur le site de la nouvelle station touristique de Pointe Sarène. Pour sa descente jeudi, il était accompagné de son homologue en charge du Plan Sénégal Emergent (Pse), Dr Cheikh Kanté. Objectif : constater de visu l’état d’avancement des travaux d’aménagement sur le site à l’aune des engagements pris par le département ministériel il y a trois mois. Ce dans le sens de redonner un nouveau souffle au projet qui était entré dans une profonde léthargie.

Une visite au pas de charge à Pointe Sarène jeudi pour les ministres Cheikh Kanté et Mame Mbaye Niang, en charge respectivement du suivi du Plan Sénégal émergent et du Tourisme, accompagnés du nouveau directeur général de la Société d’aménagement et de promotion des zones et côtes touristiques du Sénégal (Sapco), Me Aliou Sow. Objectif de cette visite de travail : voir l’état d’avancement des travaux d’aménagement sur le site qui, trois mois auparavant, ne présentait aucun signe encourageant, sans compter une atmosphère sociale tendue.

Démarche inclusive

Le décor était tout autre hier puisqu’il a été noté une satisfaction totale chez toutes les parties. Les engagements pris connaissent un niveau de réalisation très satisfaisant et l’espoir est permis d’inaugurer dans un avenir très proche une station touristique prometteuse. Le ministre Mame Mbaye Niang a même été félicité par le président du Syndicat d’initiative du tourisme départemental, Boly Guèye qui a estimé qu’il a respecté ses engagements d’il y a trois mois.

“Des engagements ont été pris ici. Nous donnons le maximum de ce que nous avons pour les réaliser et les concrétiser. Dans un premier temps, les gens ont pensé que nous voulions chasser des Sénégalais de leurs terres, ça n’a jamais été le cas. On ne peut pas développer le tourisme sans des acteurs sénégalais. Les Sénégalais qui avaient initié des investissements privés vont intégrer le projet, leurs intérêts seront sauvegardés et on va même voir comment créer les conditions de financement avec des partenaires qui ont commencé à se manifester parce que le pays commence à être attrayant”, a pour sa part déclaré M. Mame Mbaye Niang en abordant la question des rapports heurtés qui avaient fini de s’installer entre la Sapco et certains investisseurs nationaux.

Des propos tenus en présence du sieur Koromack Faye, justement, un des investisseurs qui était opposé à la Sapco dans ce projet et qui a tenu à exprimer sa nouvelle posture d’adhésion totale au projet, grâce, a-t-il expliqué, « à la volonté manifestée par le ministre du Tourisme de réparer une injustice”.

S’inscrire dans l’innovation et le partenariat

Un Mame Mbaye Niang conscient que sa démarche inclusive seulement ne suffit pas pour réussir le challenge. En effet, estime-t-il, il faut nécessairement s’inscrire dans l’innovation et le partenariat. “Nous ne pouvons pas faire du tourisme avec les contraintes sur Saly et les contraintes sur d’autres sites. Une bonne stratégie nous impose de théoriser et de réaliser l’extension de Saly qui a des contraintes objectives. C’est ce qui justifie la vision du président de la République par rapport à Pointe Sarène, c’est ce qui justifie la vision du président par rapport à Mbodiène“, a confié le ministre du Tourisme.

“Pointe Sarène est réalisé actuellement avec le Bci (Budget consolidé d’investissement). Vous comprenez pourquoi il y a des lenteurs. Avec le conseil d’administration de la Sapco et les instructions du président de la République, nous sommes en train d’envisager d’autres procédures plus efficaces. Il nous faut innover, apprendre de nos erreurs et améliorer nos procédures, c’est ce qui va nous pousser à explorer le partenariat public-privé qui est, d’après les réalités du marché, la seule voie de salut pour développer Pointe Sarène et les autres stations”, a soutenu le ministre Mame Mbaye Niang.

Sur le site, il est prévu la réalisation de 1600 chambres de troisième ou quatrième génération, c’est à dire aux normes et qui peuvent concurrencer ce qui se fait ailleurs. Ce sera pour un coût global de 141 milliards de francs Cfa. “Il faut qu’on prépare le pays à l’émergence. C’est-à-dire avoir une vision prospective sur cinquante ans“ a estimé le ministre du Tourisme.

Etienne Ndiaye (Correspondant permanent à Mbour)