Général Momar Sène, directeur de l’hôpital Principal, tempère les alertes des syndicalistes : «Ils sont de mauvaise foi»

Le Témoin – L’hôpital Principal de Dakar serait, selon des syndicalistes de cet établissement, exposé à un risque d’explosion à cause d’une fuite de gaz provoquée par une batterie très obsolète. Que leur répondez-vous ?

Général Momar Sène – Il n’y a pas du tout d’insécurité. Les gens travaillent normalement. C’est nous-mêmes qui avons fait les diagnostics de la vétusté du matériel. Même dans nos maisons, il y a de temps en temps des fuites de gaz. Mais, c’est contenu. Mieux, nous avons même demandé à la Brigade des Sapeurs-pompiers de venir travailler sur notre politique de sécurité-incendie. Des équipes sont venues faire le diagnostic de tout l’hôpital et nous ont remis le rapport. En entendant les syndicalistes parler, c’est comme s’il y avait une explosion imminente alors que c’est faux. C’est du dilatoire. Pour la cuisine, soit, on a de l’argent et on la réhabilite entièrement. On a des factures de plus de 120 millions. Ça, c’est une option qui est sur la table. Il faut budgétiser. Il faut faire des appels d’offres et, à ce moment-là, elle sera fermée pendant 6 à 9 mois pour refaire les travaux. Ça, c’est une première option. Deuxième option, on peut externaliser la cuisine, trouver un traiteur et lui donner le marché de la cuisine. Voilà les deux options qui sont sur la table. Aujourd’hui, malgré tout, la cuisine marche. Hier (mercredi dernier, ndlr), on a contacté ‘’Servair’’ qui prépare les plats pour les avions. On a été jusqu’à Diass, parce qu’ils ont laissé du matériel à l’aéroport de Yoff, pour rencontrer la directrice qui s’est engagée à nous donner toute la cuisine de ‘’Servair’’ qui se trouve à Yoff.

Et qu’en est-il de ‘’Kiki traiteur’’ qui vous aurait poussé à « dégager » tous les marchands des abords de l’hôpital ?

C’est moi qui ai dit que ce qu’on mange ici à l’hôpital, ce n’est pas bon. Sur ce, on a eu deux propositions d’ « Ali Baba international » et « Kiki traiteur ». Ayant beaucoup plus confiance à « Kiki traiteur » qui est un industriel contrairement à « Ali Baba », nous avons choisi « Kiki traiteur » et nous lui avons permis de s’installer en haut de l’hôpital moyennant une location de 500.000 francs le mois mais cette société a investi plus de 20 millions de francs pour s’installer. Donc, elle a commencé à préparer pour les officiers. Mais, puisque les officiers ne peuvent pas manger et laisser les autres, nous sommes en train de voir comment installer « Kiki » dans un jardin pour pouvoir vendre et nourrir les agents de l’hôpital à des vils prix entre 500 francs et 1500 francs. Donc, il n’y a rien à cacher dans ce domaine.

Pour les déguerpis, j’aimerais souligner que quand je venais ici l’hôpital avait un marché dehors. Un hôpital comme Principal ne peut pas se permettre d’avoir un marché devant lui. Les compagnies d’assurances qui arrivaient pour signer des conventions avec l’hôpital repartaient systématiquement. Ce, à cause de ce marché. Donc, on a demandé à ces marchands de plier bagages parce que, faut le noter, cet espace ne leur appartient pas. On a aussi mis fin au stationnement de voitures devant l’hôpital. Dans un deuxième temps, on a eu un projet dont la maquette a été déjà faite par un architecte et avant juillet l’hôpital va complètement changer de visage. Ce projet a été financé à hauteur de 158 millions par la BHS.

Donc, les syndicalistes font preuve de mauvaise foi manifeste. Ce que ces gens-là vous ont dit, ils ne nous le disent pas. Ce syndicaliste qui vous a informé est représenté dans le Conseil d’administration. Il connait pratiquement tout de la maison. Ce qui le ronge, c’est certainement le fait que j’associe tout le monde c’est-à-dire tous les autres syndicats, même s’ils sont minoritaires, dans mes actions. J’aurais pu prendre dans les caisses de l’hôpital pour financer ce projet mais non. Je suis allé chercher des financements extérieurs.

L’hôpital serait aussi en train de mourir à petit feu à cause d’une dette que vous doit la CMU et le Coud…

Ils font de l’amalgame. Tous les hôpitaux courent derrière des factures. Nous, quand on s’est installé, on a vu que la CMU nous doit presque 6 milliards. Et ce n’est pas seulement la CMU. Il y a aussi le Coud, il y a d’autres organismes. Il y a au moins 14 milliards que l’on doit à l’hôpital. Maintenant, au niveau du Coud, des problèmes de facturation se posent. Par exemple, si l’hôpital envoie une facturation à la direction médicale du Coud, si cette dernière n’a pas fait de facturation pour la soumettre à la direction du Coud, il n’y a pas de facturation. Et eux, ils considèrent qu’ils n’ont pas reçu de facture ! Pour la CMU, ils nous ont certifiés qu’ils ont facturé l’année dernière 1 milliard 850 millions et liquidé en disant que voilà on va vous payer ça. Mais, au moment de payer, ils n’ont pas d’argent. Nous croyons le directeur parce qu’il est de bonne foi. Il s’était engagé à nous payer 150 millions…

Bassirou DIENG