Le capitaine Mamadou Dièye mis aux arrêts de forteresse

Cueilli par les éléments de la Section de recherches de la gendarmerie, le capitaine Mamadou Dièye est actuellement aux arrêts de forteresse dans une caserne de l’Armée. Il s’agit d’une punition provisoire dont la durée maximale est de 60 jours. Ce, en attendant que soit délivré l’ordre de poursuite du ministre des Forces armées afin qu’il soit renvoyé et jugé devant le Tribunal militaire pour désertion et abandon de poste.

Vendredi dernier, le capitaine Mamadou Dièye a été cueilli devant les locaux de nos confrères de « Dakaractu » avant d’être conduit manu militari en taule par les gendarmes de la section de recherches. Actuellement, il est aux arrêts de forteresse pour une durée maximale de 60 jours. Il ne s’agit donc pas d’un enlèvement, ni d’une interpellation mais, plutôt, d’une punition militaire qui lui a été appliquée pour désertion et abandon de poste en temps de paix. Comme l’avait révélé en exclusivité « Le Témoin » dans une de ses éditions, le capitaine Mamadou Dièye faisait l’objet d’un ordre de poursuite délivré par le haut commandement de la gendarmerie nationale et direction de la justice militaire. Il ne restait que la signature du ministre des Forces armées pour que l’officier incriminé soit traduit devant le Tribunal militaire. S’il est jugé et reconnu coupable, le saint-cyrien risque 5 ans de prison.

Jeune officier sorti de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr, en France, Mamadou Dièye soutenait avoir déposé une lettre de démission après sept ans passés sous les drapeaux. A sa grande surprise, disait-il, les autorités militaires lui avaient refusé sa démission. Expliquant les raisons de sa démission, le capitaine Mamadou Dièye déclarait qu’elle ne procède ni d’un problème qu’il aurait avec quelqu’un dans l’Armée encore moins d’une perspective de carrière floue.

Au contraire, soutenait-il, il aurait bien pu avoir un brillant avenir sous les drapeaux. « (…) Je serais lâche alors de suivre l’égoïsme d’un intérêt personnel au détriment de mes camarades qui eux aussi méritent attention. L’Armée est le métier de ma vie que j’ai aimé depuis mon enfance et je mourrais avec. Aucun autre métier au monde ne peut le remplacer. Notre pays a une tradition de valeurs et c’est le pilier de son fondement. Aujourd’hui, le constat est clair que nous sommes méconnaissables au regard de tout ce qui se passe et de tout ce qui se fait dans notre pays. La politique est la voie sacrée en termes de représentation et de défense des intérêts d’un peuple (…) » avait-il alors fait savoir.

Défiance à l’autorité militaire ?

Prenant l’opinion à témoin, l’officier subalterne ajoutait ceci : « J’ai utilisé tous les voies et moyens autorisés par la loi. J’ai d’abord soumis une demande aux autorités militaires par le biais d’un huissier qui a été rejetée. Ensuite j’ai formulé une demande de mise en retraite, idem. Je suis allé voir le médiateur de la République… J’ai vu les présidents des tribunaux, appelé l’aide de camp du président Macky Sall, saisi le procureur de la République etc. Mais rien n’a été fait ! Finalement, j’ai pris mes responsabilités » se justifiait le capitaine Mamadou Dièye après sept (07) ans de service seulement passés sous les drapeaux.

Désespérant de se faire entendre et d’avoir gain de cause dans sa volonté de démissionner, il a déserté les rangs de notre prestigieuse armée dont pourtant la discipline et l’obligation de réserve font partie des piliers fon- damentaux. « Le Témoin » a appris que la demande de démission du capitaine Dièye fait l’objet d’une procédure spécifique du fait que l’intéressé n’a pas encore fait 15 ans de service minimum conformément aux lois et règlements militaires.

Seulement voilà : au moment où la procédure de sa démission suivait son cours normal, le capitaine Mamadou Dièye n’a pas trouvé mieux que de quitter les rangs avant de multiplier les sorties médiatiques à caractère politique. Un comportement perçu comme une défiance à l’endroit de l’autorité militaire. Qui a réagi de la manière que l’on sait.

Pape NDIAYE