POLITIQUE | Déclaration commune des membres du Congrès américain sur la situation d’Haïti

Trois membres du Congrès américain : Gregory Meeks, Albio Sires et Andy Levin, respectivement le nouveau Président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, le Président de la sous-commission de l’hémisphère occidental et membre de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants ont publié un communiqué sur la situation politique d’Haïti tout en dénonçant les décrets extra-constitutionnels du président Jovenel Moise, et craignant du coup le comportement autoritaire de ce dernier. Ils profitent aussi pour faire la promotion d’une possibilité d’avoir recours à une transition politique qui remplacera Jovenel Moise, afin que le pays puisse restaurer l’ordre constitutionnelle. Voici ci-dessous le texte intégral de ce communiqué.

« En tant que membres de la Chambre des représentants, nous avons passé ces dernières semaines à travailler d’urgence pour apporter des secours à la population américaine dans le contexte de la COVID-19 et des catastrophes économiques. Nous voulons que nos amis en Haïti sachent, cependant, que nous suivons toujours ce qui se passe là-bas avec une inquiétude croissante. Le Président haïtien Jovenel Moïse poursuit une ligne de conduite de plus en plus autoritaire, publiant une série de décrets récents qui incluent la création d’une force « d’intelligence » interne extra-constitutionnelle. Ses dernières actions rappellent les abus anti-démocratiques passés que le peuple haïtien a endurés, y compris la période précédant la dictature de Duvalier. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant qu’Haïti sombrera dans le chaos.

Lorsque le 117e Congrès se réunira, le soutien des acteurs démocratiques en Haïti sera l’une des principales préoccupations de ce comité. Nous travaillerons de toute urgence avec le nouveau gouvernement Biden pour élaborer une politique américaine qui priorise les droits et les aspirations du peuple haïtien et soutient une transition crédible, menée par les Haïtiens, vers un retour à l’ordre démocratique. Nous engagerons les alliés et les institutions internationales à coordonner une stratégie multilatérale pour faire face à la crise en cours en Haïti et à exiger des comptes des responsables haïtiens qui commettent des violations des droits de la personne et des actes de corruption.

En tant que membres de la Commission des affaires étrangères de la Chambre, nous considérons qu’il est de notre responsabilité de suivre les événements en Haïti et de travailler en étroite collaboration avec les organisations de la société civile haïtienne et les citoyens de bonne volonté qui cherchent la paix et la démocratie dans leur pays. Nous assurons le peuple haïtien que, alors que nous nous attaquons aux crises auxquelles nous faisons face dans notre propre pays, nous n’oublierons pas nos voisins ou notre engagement à protéger leurs droits humains. »

Joseph LEANDRE

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