CULTURE | Le marché du sponsoring haïtien, un complot contre l’intelligentsia

Le brillant artiste Roosvelt Saillant, de son nom de scène BIC, s’attaque d’une manière voilée aux bailleurs sociaux. Et s’en prend à la société haïtienne qui privilégie  les affaires anodines, les télé-réalités et humour-noir qui sont quasiment la programmation quotidienne des médias haïtiens.

Plus d’une trentaine de chaînes de télévision pour desservir le pays, environs trois émissions de Télé-génie. Il n’y a presque plus  de plateaux pour encourager l’éducation et favoriser les bonnes activités juvéniles. En plus de la prise des paroles répétitives des bandits notoires sur les ondes des stations, l’apologie du rien est acceptée et sponsorisée.

Pas de grand spectacle pour le savoir. Les shows télévisés les plus populaires, pensés par de minus-habens ont une longue énumération de sponsors de tout genre, pour de piètres qualités et présentation au voisinage de la médiocrité.

L’ère de la technologie est profitable à certains pays pour l’avancement social et le progrès économique, Haïti, les magnats du sponsoring financent le progrès à reculons, et la recrudescence sociétale.    Le rejet de toutes les voies astiquées par la curiosité intellectuelle est remarquable et le chemin facile est nettement conseillé. Même la Télévision Nationale d’Haïti contribue à l’opacité et l’obstruction de l’intelligence.

Parmi les artistes les mieux rémunérés, se retrouvent ceux avec les œuvres les plus triviales.  Notre système de marketing jette l’effort des jeunes haïtiens qui produisent et analysent les sujets importants. Pas besoin de génie, le choix est clair. Le trio BIC, Jean-Jean Roosvelt et Belo dit Jean Belony Murât de son vrai nom, à eux trois n’ont même pas 5 sponsors haïtiens de taille. Pourtant BIC se donne délibérément comme ambassadeur de bonne volonté de FHB la Fédération Haïtienne de Basketball, et l’un des supporteurs sociaux pour les enfants démunis (SPEDH) une cause qu’il a bien plaidée dans son clip intitulé kokorat.

Ce trio magique qu’il faut attendre plusieurs décennies pour voir évoluer simultanément, ont une aisance remarquable et même irréfutable, de poésies passant par modèle de vie, jusqu’aux prestations sur scène, Sans oublier leurs participations actives dans la vie sociale, mais tout cela ne constituent pas l’emballage que cherche les compagnies haïtienne.  Malgré l’éligibilité palpable de bon nombre d’artistes, les « rabòday » sont nettement plus acceptés et financés.

Des chanteurs qui ont performé pour Massachusetts Institute of Technologie, l’une des plus prestigieuses universités au monde, world music African art Festival et autres.  Le chanteur BIC du lot, est ambassadeur de Handicap International, pour faire la plaidoirie des causes des personnes à mobilité réduite sur les voies publiques.

Jean-Jean Roosvelt, de son côté a fastueusement contribué à la campagne de sensibilisation COVID-19, dans le département de la Grand-Anse qui était son initiative personnelle, libre de tout contrat. Il y a une pléiade d’artistes avec des messages bien pensés, la liste est longue et indéchiffrable ceux et celles qui n’ont jamais eu la baraka d’avoir un coup de projecteur voire un contrat de publicité. Si l’internet offre la possibilité d’acquérir des vues pour les clips et des j’aime, toutefois le talent reste inné et l’acuité et le sens de discernement n’ont pas de prix.

L’Industrie Musicale Haïtienne patauge dans la médiocrité, le « zin » est à son paroxysme et les textes sont d’une médiocrité remarquable, il faut regarder aussi les secteurs de financement qui encouragent vivement la platitude au détriment de l’intelligence.

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