CULTURE | Les artistes haïtiens d’aujourd’hui entre dépravation et voie de la facilité

Ces dernières années des artistes envahissent le marché musical haïtien, pourtant la société haïtienne plonge dans un profond abîme, on assiste à une dépravation de la jeunesse, une absence de pudeur et de moralité, et pas mal de vices sont promus et vendus à la société, en particulier aux jeunes, par la nouvelle génération de musiciens haïtiens.

Dans quelque ce soit le domaine, pour bien évoluer, il faut dans un premier temps connaître ses attributions et examiner sa performance. Alors avoir du talent n’a jamais été la seule qualité d’un artiste, il faut bien évidemment d’autres qualités pour en devenir un. 

On peut aussi définir un artiste comme une personne qui se voue à l’expression du beau.  Ce que nos talents ignorent, ils ne comprennent pas qu’un artiste est aussi un professeur, un formateur, un prédicateur. En effet, l’artiste doit être quelqu’un qui possède une grande capacité de réflexion et une vision large sur la nécessité de son temps : capacités qu’on ne peut attribuer à la plupart des nouveaux artistes musiciens haïtiens actuellement en examinant ce qu’ils n’éprouvent aucun gêne à offrir à notre société et à nos jeunes en consommation.

L’artiste joue un grand rôle dans la société. Il n’a pas une fonction spécifique. Les gens qui ont des problèmes sentimentaux tirent des leçons dans les musiques sentimentales par exemple. Quant aux artistes engagés, ils surveillent avec une attention soutenue l’évolution de leur milieu. Ils dénoncent les mauvais comportements des personnes que ce soit au niveau de l’État ou de la masse.

L’artiste n’a toutefois pas besoin d’être « engagé » pour apporter son soutien à la société. Même à travers les chansons musicales, il  peut conseiller. C’est ce qu’a fait, la formation musicale Zenglen par exemple, dans la composition musicale « 5 kontinan » en 2005. Ils conseillent les jeunes filles à obéir à leurs parents. Ce morceau prend en compte la réalité haïtienne où de nombreuses jeunes filles ont connu des mésaventures amoureuses par le fait qu’elles n’avaient pas suffisamment de maturité pour analyser les hommes auxquels elles confient leur vie. Étant que leur parents ont déjà vécu des expériences, elles doivent suivre leurs conseils pour ne pas errer en chemin.

De nos jours, bon nombre de nos jeunes chanteurs et chanteuses s’adonnent à la facilité. La liste est scandaleuse. Tout le monde sait à quel point ça craint de laisser son enfant auditionner Tony Mix à la radio, ou regarder Blondedy Ferdinand à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Ce sont des artistes qui se contentent de vendre le plaisir malsain au public de plus en plus dépravé. Sous prétexte de marcher avec le temps, ils accouchent en effet des textes de toutes sortent qui puissent les placer au-devant de la scène.

Ces derniers temps, on assiste à une dévalorisation systématique des femmes haïtiennes à travers les compositions des DJ chanteurs. Quand ils ne définissent pas de manière dégradante la femme comme simple objet sexuel, ils les accusent de menteuses, de voleuses, trompeuses, de voraces. Quand les relations amoureuses sont brisées, pour ces artistes, les fautifs ne sont autres que les femmes. Quelque soit la situation, les femmes ont toujours tort.

Des hommes qui ne prennent pas leurs responsabilités envers leurs femmes leur rejettent la faute quand cela tourne mal. C’est triste d’écouter des artistes qui réduisent la valeur des femmes à des activités commerciales et sexuelles. Roody Roodboy le fait si bien dans son dernier titre « Mimi Miaw » avec autant de mépris qu’il pouvait exprimer envers les femmes, fait savoir au public que la femme lui est sexuellement redevable par le fait qu’il a effectué quelques dépenses pour aider cette dernière. D’autres, comme Tony Mix croient qu’une femme devrait avoir 5 partenaires pour répondre à ses besoins financiers.

Il faut remarquer que cette gente masculine profondément machiste sait comment faire la promotion du rapport économico-sexuel entre les hommes et les femmes, où la femme n’est qu’un objet sexuel, uniquement utile pour la prostitution. Aujourd’hui quelles sont les nécessités de la société haïtienne? Promotion pour la prostitution ? Si seulement les acteurs à savoir les musiciens, les producteurs  de la musique et la presse pouvaient répondre à cette interrogation! Nous n’aurions pas pu courber à l’injustice sociale, à l’immoralité de toute sorte, à la misère, à la pauvreté.

Un artiste est aussi un revendicateur, il peut se battre pour le respect des être humains. Les conjonctures sociopolitiques et économiques sont tellement chaotiques, les artistes ont suffisament de causes à embrasser.

Je pense.

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