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DEMOGRAPHIE | L’Argentine, le pays de l’Amérique du Sud qui compte moins de noirs

A la fin du XVIIIe siècle, dans certaines régions de l’Argentine, les noirs représentaient 50% de la population. Actuellement, la terre de Leo Messi est le pays de l’Amérique où on trouve moins de noirs, soit 0,5%, soit un pays avec plus de blancs que la plupart des pays  de l’Europe.  

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, si les noirs ne sont pas nombreux en Argentine, c’est parce que ce pays n’a pas connu la traite négrière, et que l’histoire des noirs en Argentine est plutôt méconnue. A partir du  XVI siècle, plusieurs millions de personnes provenant de l’Afrique subsaharienne, ont été kidnappées et transportées en Argentine  pour travailler dans des fermes et des plantations. Considérée comme une race inferieure, les autorités ont procédé à son extermination.

Entre la période du XVI et XIXe siècles,  les esclaves afro-argentins ont travaillé pour construire  le pays. Durant le XVIIIe siècle, le nombre d’esclaves a considérablement augmenté. En effet, dans certaines régions du pays, les noirs représentaient 50% de la population. Bien que l’abolition de l’esclavage fut officielle en Argentine en 1813, les régions avec une forte concentration de noirs conservaient encore l’esclavage jusqu’en 1853. Et depuis, soit à partir de  cette même année, les noirs représentaient 30% de la population et aujourd’hui ils ont presque disparu avec un pourcentage de 0,5% de la population d’Argentine.

Selon certains historiens, deux facteurs sont à considérer sur le faible pourcentage des afro-argentins d’aujourd’hui. Entre 1865- 1870,  Argentine a connu de grandes guerres, en particulier celle contre le Paraguay. Durant ces guerres, les noirs étaient souvent envoyés en grand nombre pour combattre et défendre l’Argentine. Cette pratique, d’envoyer les noirs  dans la guerre était devenue une politique  visant à éliminer cette population, jugée trop nombreux au pays.

Par conséquent, la population noire diminuait progressivement. On trouvait en effet une grande majorité de femmes noires obligées de prendre pour maris des hommes blancs, phénomène qui a favorise le métissage.

En 1791, une fièvre jaune a frappé l’Argentine.  Un enregistrement de taux de mortalités des hommes noirs par rapport aux blancs fut  constaté nettement supérieur.

En Argentine, le métissage n’est pas reconnu, en effet le pays est totalement blancs et des politiques de blanchissement de la population sont appliquées.

Etre noir dans un club en Argentine ce n’est pas facile: Bayan Mahmud , 19 ans, joueur du Boca Junior a dans un entretien accordé a So Foot le 5 juin 2010,   ne  cache pas  le racisme et le mépris qu’il subit là-bas :

« Il y a beaucoup de racisme, mais pas comme ce qui est arrivé à Dani Alves. Le racisme est très présent en Amérique du Sud. C’est très difficile de jouer là-bas lorsque vous êtes noir. Parfois les gens n’acceptent pas qu’un noir passe à la télé. Je ne dis pas que le pays ou ses habitants sont mauvais, mais c’est très difficile. C’est pour cela que je veux venir en Europe. »

Selon les données du recensement de la population et du logement national de 2010, la population argentine d’ascendance africaine était en 2010 forte de 149.493 personnes (soit 0,4 % de la population totale). De cet effectif, 137 583 (soit 92 %) étaient Afro-Argentins et les 11 960 restants (soit 8 %) étaient originaires d’autres pas en majorité du continent américain.

Fedia STANISLAS

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