EDUCATION | L’école haïtienne : première victime des crises sociopolitiques

« Je veux aller a l’école » savez-vous entendre cette phrase ? C’est courant et fréquent chez les enfants… »

De multiples turbulences politiques dominent la vie sociale en Haïti depuis vers la fin de 2018. Des opposants politiques de Jovenel Moïse, ainsi que d’autres secteurs de la vie nationale paralysent souvent les activités sociales, économiques du pays. Des pneus enflammés, des routes barricadées, des tirs, des magasins dévalisés, des meurtres sont souvent au rendez-vous dans des manifestations déclarées pacifiques au début. Ces bouleversements ont donné naissance à un vaste mouvement de contestation sociale connue sous le nom de « pays lock et ajoutée à cela, la période du couvre-feu décrétée  par le gouvernement le 19 mars dernier 2020.

L’école, comme institution visible et avant-gardiste de la société, n’est pas elle non plus épargnée, elle est ignorée, voire instrumentalisées dans les batailles politiques. La partie entre opposants et le gouvernement semble être sans pitié. Les belligérants ne sont plus attentifs. La bataille est engagée en dehors de l’intérêt général. Malheureusement les enseignements du passé ne sont pas bien apprissent  par les différents acteurs socioéconomiques et politiques du pays.

Hier comme aujourd’hui, l’école demeure l’une des principales victimes d’une bataille politique sans fin. Dans quelle mesure l’éducation est-elle affectée par ces mouvements tumultueux ? Le ministre de l’éducation  a-t-il mis sur pied un programme de relance pour compenser les heures de cours perdus ? Quelles stratégies les écoles emploient-elles ?

Selon les dernières statistiques, ce sont 2.328.079 filles et garçons qui sont en préscolaire soit 1 427 écoles de garderie, 15.269 écoles fondamentales, 2.195 au niveau du secondaire. Ceci représente un total de 82% des établissements du secteur privé et 8% du secteur public.  Sans oublier les 11 entités et centres universitaires supérieurs de l’UEH, et à peu près 208 institutions universitaires privées. Aujourd’hui près de 40.000 étudiants sont confinés chez eux et pour conséquence :

  • L’arrêt de travail des professeurs, enseignants,  membre administratifs et autres personnes ayant une tache dans ces institutions. Ceci dit qu’ils n’ont pas de quoi combler les besoins primaires de leur famille.  Par exemple : plus de 1.500 professeurs d’universités et 800 professionnels administratifs environ.
  • La qualité de l’éducation est affaiblie, aucune politique sérieuse de recherche et d’innovation. Aujourd’hui de nombreux étudiants sont en situation difficile pour présenter leurs travaux universitaires à cause des difficultés académiques et financières.
  • Les enfants défavorisés c’est-à-dire issus de catégorie socioéconomique faible sont aussi touchés, pour ainsi dire, ceux qui avaient seulement accès au pain de l’instruction dans l’enceinte de l’institution.  Leurs parents n’ont pas alors de quoi compenser leur apprentissage au moment des paralysies académiques.  Ils sont parfois des oubliés du système qui ne disposent pas de moyens électroniques pouvant les aider à combler ces heures perdues.  Ce sont aussi ceux-là qui auront des difficultés à s’intégrer  et à s’insérer dans la vie professionnelles.
  • Une formation non compétitive, les résultats  scolaires sont mauvais. Nos diplômes sont dévalorisés, certains de nos diplômés ne sont plus compétitifs sur le marché national, régional et international.

L’école a un important rôle dans le développement social, politique et économique d’un pays.  Il est préférable pour les acteurs de prioriser l’éducation de la population. A peine deux mois de l’année, l’école connaît déjà un arrêt d’environ 3 semaines.  Les arrêts répétés des activités scolaires affectent considérablement le développement.  Lorsque l’institution scolaire est perturbée, elle paralyse l’ensemble des activités sociales, économiques et politiques du pays.  En ciblant donc l’école, on pense pouvoir déstabiliser l’ordre du pays, ainsi aucun progrès n’est possible.

Rebecca Clermie LIBERUS

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