Haïti : 2021, une année contourné d’évènements inouïs

C’est sans doute, l’une des plus malheureuses années qu’a traversé la nation haïtienne, depuis ses deux siècles d’existence comme nation. Les actes de cruautés ont été accrus jusqu’à atteindre le Président de la république Jovenel Moïse. Le sang coulait à flots sur toute l’étendue du territoire. Des compatriotes fuyant la fureur des gangs, la misère entre autres, sont obligés de laisser le pays dans des voyages clandestins. Les cas d’enlèvements se sont produits quotidiennement à travers le pays, plus particulièrement dans la capitale de Port-au-Prince. D’autre part la rareté de carburant, la chaireté de la vie ont accablé de tristesse des familles haïtiennes.

En début d’année, la festivité internationale de Jazz qui chaque année alléchant plusieurs tourismes de la région a été annulée. Notons que, la dernière fois qu’elle a été interrompue, nous étions en 2010, faute du séisme du 12 janvier.

Pendant ce temps, les opposants politiques du feu président Jovenel Moïse, se renforcèrent pour forcer le locataire du palais national à vider les fauteuils le 7 février. Ils s’appuyaient sur l’article 134.2 de la constitution de 1986. Une partie des adversaires du pouvoir en place, choisissait Joseph Mécène Jean-Louis, juge à la Cour de Cassation, pour présider provisoirement la transition. Néanmoins supporter par les États-Unis, le patron d’AgriTrans restait accrocher à son fauteuil. « Rèd tankou ke makak « .

Plusieurs manifestations regroupant des milliers de personnes étaient organisées après le 7 février par la société civile Fatiguée de l’insécurité, la montée en puissance des gangs armés sur le territoire. Ces acteurs nationaux, avaient foulé les pavés pour dénoncer la mauvaise gouvernance de Jovenel Moïse.

Entre temps, le groupe gang fédéré par le CNDDR sous l’ordre du gouvernement d’alors (G9 an fanmi e alye) continuait de multiplier les deuils dans le camp des habitants du Bel-Air. Le 1e avril 2021, c’était la pagaille. Un vieillard de 78 ans a été brûlé vif à l’intérieur de sa maison. Selon le RNDDH de Pierre Espérance, c’est une troisième massacre en moins de deux ans. Des dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines ont été enregistrées notamment dans les rues Monseigneur Guilloux, César et Fronts-Forts. Selon l’organisation de défense des droits humains, 13 personnes ont été tuées, 5 autres portées disparues et une vingtaine de maisons parties en fumées.

La même époque, cette bande dirigée par Jimmy Chérisier allias Barbecue a ravagé le quartier populaire de Cité Soleil. Ils ont fait irruption dans 2 postes de police à Cité Soleil, dans la soirée du samedi 5 juin 2021. Plusieurs materiels, dont des armes à feu et des munitions ont été saisies et deux policiers ont été exécutés.

Parallèlement, les gangs rivaux à Martissant ont chassés des paisibles citoyens de leurs maisons, en se livrant dans une guerre pour le contrôle de territoire. Sous les mitrailleuses des bandes armées, ils étaient obligés d’aller prendre refuge dans le centre sportif de Carrefour. Depuis lors, ils y demeurent, sous aucune assistance de l’État. Les dépouilles des victimes servaient de nourriture au porc.

Mettons l’emphase sur l’échec d’une opération policière le 12 Mars dernier dans cette zone. 4 policiers du corps spécialisé SWAT Team ont été tués puis humiliés par les bandits, un des chars de la PNH a été saisi. Et dans la vallée de la mort de Martissant, des citoyens de diverses couches ont succombé.

Dans la nuit du 30 juin au 1e juillet, une fusillade de gang a coûté la vie à 17 personnes. Parmi ces victimes : Antoinette Duclair, activiste féministe, membres du Parti Matrice Libération et Diego Charles de la Vision 2000. Tous deux âgées de 33 ans. Guerby Geffrard, du SPNH a été également éteint quelques heures plutôt.

Le 7 juillet, la république se réveille en sursaut. Le pays entier secoué et sombré de la nouvelle de l’assassinat du président Jovenel Moïse en son domicile, à Pèlerin 5. Pour rassurer la population, le Premier Ministre en fonction à l’époque, Claude Joseph a déclaré que  » Tout est sous contrôle « , en invitant la population à reprendre ses activités.

Durant cette période, des centaines de compatriotes ont traversé 11 pays pour atteindre les frontières du Mexique / États-Unis. Ces gens ont décidé de fuir la fureur des bandits sans foie, ni loi.  » Nou pito afwonte Darien, olye nou afwonte Ayiti « , disaient-ils durant leur fuite. Beaucoup parmi ceux qui ont eu la chance de fouler la terre promise, ont été refoulé dans leur pays d’origine. L’indignation, la honte et le désespoir s’installaient sur leurs fronts.

Les drames se poursuivaient. Le 14 août, vers les 8h30 du matin, un tremblement de terre de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter a saccagé la Péninsule du Sud. Les pertes en vie humaine et les dégâts matériels sont considérables. De nombreuses organisations ont collecté des fonds pour secourir les rescapés. Les résultats ne sont pas satisfaisantes, cependant.

Pour faire suite, la rareté de carburant a paralysé le quotidien de la population. Le groupe gang G9 an fanmi e alye, empêchait l’aboutissement de l’essence dans les stations de service, ce, pour exiger la démission du Premier Ministre actuel Ariel Henry. L’année sanglante s’achemine, mais les familles haïtiennes sont loin d’être consolées. La rareté de carburant a engendré le stockage illicite du carburant dans des récipients non appropriés. Des dizaines de maisons ont été incendiées. Des individus ont rendu l’âme. En toute fin d’année, un camion-citerne transportant de la gazoline s’était explosé après un accident de la circulation. 95 personnes sont mortes, d’après le dernier bilan du gouvernement.

Le coup de massue, Haïti est le pays où on a recensé plus de cas de kidnappings pour une année. Près 1000 cas d’enlèvements ont été recensés dans le pays, parmi eux 81 étrangers, d’après l’organisation de droits humains CARDH. Des citoyens haïtiens ainsi que des étrangers ont été la cible des caïds.

Mentionnons, les 17 missionnaires étrangers, qui ont passé environ deux mois sous l’emprise des 400 Mawozo à Croix-des-Bouquets, bien avant leur fuite Hollywoodienne.

Haïti gît sur le pavé de la mort et ne peut allaiter ses fils en agonie. 2021 part avec des milliers d’âmes de frères et sœurs haïtiens sur ses bras. La CARDH dénombre 498 morts par balles durant l’année, alors que Martissant s’offre encore du sang durant cette période de fête de fin d’année.

Carl Henry Florant

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