SOCIETE | L’abstinence ce précieux rempart aux addictions

Selon le dictionnaire Larousse, l’abstinence peut-être défini comme étant : « l’action de s’interdire certains plaisirs, en particulier les plaisirs sexuels… ». Le plaisir en outre demeure un ensemble d’émotions et de sensations agréables qui résultent de la satisfaction d’un désir, d’un besoin matériel ou mental. On vit dans une ère qui incite continuellement à la consommation car la production de richesses devient prépondérante, en admettant ce principe en économie qui veut que tant qu’il y a un accroissement de la production il y aura forcément une augmentation des besoins et ou des désirs, il devient impératif de mettre sur pied des ensembles de moyens préventifs ou dans le cas où cela ne suffirait pas, de sorties d’échappatoire aux addictions et comportements addictifs, d’où le bien-fondé de l’existence du modèle opératoire qu’est l’abstinence.

C’est un moyen clair de prévenir ou d’empêcher les comportements addictifs à une chose ou à un fait. Sachant que les addictions, qui engendrent des comportements addictifs, ne sont jamais source de résultats positifs tant pour l’individu en soit que pour la société en elle-même, puisqu’étant un ensemble de comportements incoercibles et nuisibles à la santé. Dans cette optique,  le professeur Thierry Brugvin à travers son œuvre : « la pensée plurielle 2010 », traite de ce qu’il appelle l’autolimitation et la simplicité volontaire, qu’il présente comme pouvant être des remèdes à l’addiction, à la consommation abusive, sans oublier la violence et la démesure.

Parmi les nombreuses addictions, on pourra citer celle relative à la nourriture ou à une catégorie d’aliments, comme les sucreries, desserts, bonbons etc.., disponibles partout dans les magasins. Alors que plusieurs études scientifiques comme celle menée en 2017 par le spécialiste des maladies cardiovasculaires James J. DiNicolantonio et le cardiologue James H. O’keeffe, telle que mentionnée dans la revue en ligne Libération, conclurent après une méta-analyse d’une soixantaine d’études sur le sucre que : « la consommation de sucre produit des effets similaires à la consommation de cocaïne, notamment parce qu’elle altère l’humeur, possiblement parce qu’elle induit le plaisir et active le mécanisme du circuit de la récompense se trouvant dans le cerveau, ce qui provoque la recherche du sucre dans le cerveau ». Et comment parler de dépendance à certains produits dits de consommation en oubliant les drogues, l’alcool et les médicaments qui sont considérés comme étant des produits illicites. Mais s’il est certain que les médicaments pharmaceutiques demeurent des produits illicites, l’on ne condamne tout compte fait que l’automédication qui peut être sujette à causer de graves dépendances par la suite.

Dans ce cadre-là, l’abstinence prend tout son sens car il permet de se prémunir de certaines pathologies. Car même s’il est vrai que se faire plaisir demeure pour l’homme une quête ultime, il ne faut pas oublier qu’une santé robuste favorise la longévité, et donc prolonge la jouissance du plaisir de vivre et de se donner de facto, d’autres plaisirs. Par exemple le fait de s’abstenir de consommer du sucre prévient non seulement les maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle dont il est le premier responsable, mais aussi de l’augmentation du taux de cholestérol, il protège néanmoins du développement de certains cancers à savoir ceux du colon, de l’estomac, du pancréas, de l’utérus et du sein. Il en est aussi de même pour l’abstention à la consommation de produits illicites telles les drogues, celles-ci qui sont la cause principale de la toxicomanie, mais qui engendrent néanmoins des vertiges, des nausées, des pertes de mémoire, de l’hyperthermie, de la tachycardie et même le décès par overdose.

Mais comme précité, l’addiction ne se limite pas seulement à nos produits de consommation directe, telle la nourriture ou autres, mais aussi de certains objets qui rentrent aussi dans le cadre de notre consommation, il s’agit en effet des appareils électroniques tels la télé, le téléphone, la voiture etc… Ces appareils peuvent avoir d’effets négatifs non seulement sur notre bien-être physique, mais aussi mental et peuvent entraver directement notre évolution et notre avenir. En somme, l’effet d’envoutement qu’exercent ces simples outils qui sont censés faciliter la vie, peut aller à un point tel qu’il empêche de réaliser concrètement toute action qui pourrait contribuer à un véritable développement personnel. Ils détériorent en outre les relations humaines en participant grandement à l’isolement et à ce que l’on pourra appeler l’auto marginalisation.

Puisqu’il n’est pas possible de parler d’abstinence, sans évoquer le terme addiction, étant donné qu’il lui fait perdre tout son sens et son essence, il faut aussi évoquer les addictions au fait (de poser une action). Le fait, comme il est possible de le définir est un évènement advenu ou advenant dans l’histoire d’un individu ou d’un groupe et est caractérisé par son extériorité, par opposition à une idée qui, elle relève de l’intériorité. C’est-à-dire que le fait en soit est la matérialisation d’une idée, ou encore de la pensée. L’envie ou le besoin de travailler, fait naître l’idée de se créer ou de se trouver du travail, qui se matérialisera dans l’acte pose, dans le fait de chercher et d’exécuter le travail en question. Ainsi la satisfaction d’un besoin physique et/ou psychologique peut résulter dans le fait de poser une action, qui par la suite peut devenir une manie ou une addiction. Ainsi certains individus pourront être « addictés » au fait de travailler continuellement ou au fait de faire du sport, ou encore au fait de sortir  s’amuser et sans oublier le fait de poser l’acte sexuel.

Il est vrai que le travail favorise la production au sein d’une société et donc le développement non seulement de celle-ci, mais aussi et surtout de l’individu. Travailler permet en dehors du fait d’être un agent actif et productif au sein du corps social de s’assurer par le biais de ses gains et revenus un niveau de vie adéquat et satisfaisant. Mais il faut éviter de tomber dans l’addiction au travail, qui peut causer du surmenage et donc du stresse, source de maladies graves telles les maladies cardiovasculaires, l’hypertension, des douleurs gastriques etc… De même, si le sport permet de garder une santé robuste, plusieurs personnes tombent dans la bigorexie, une dépendance à l’activité physique. Celle-ci est due en effet au complexe d’Adonis, encore appelée anorexie inversée ou dysmorphie musculaire. Il devient primordial pour les individus manifestants ce genre de dépendance de s’abstenir de faire du sport, qui devient un acte néfaste pour leur santé.

Il ne faudrait certainement pas oublier d’énoncer la continence, comme forme très connue d’abstinence. On parle la de l’abstinence sexuelle, qui est le fait de ne pas avoir des rapports sexuels durant une période plus ou moins longue. Celle-ci peut être due à plusieurs facteurs à savoir la religion, l’idéologie personnelle, des motivations sociales, ou des raisons de santé. La continence se veut être un choix personnel fait en fonction de son bon vouloir, mais il peut aussi être fait sur recommandation médicale, soit pour des raisons de santé physique ou mentale. Bien que ce soit sujet à débat dans le milieu scientifique, le sexe peut devenir aussi une addiction, on parle là d’hyperesthésie sexuelle, de comportement sexuel impulsif, de sexualité addictive etc…

Ce qu’il faut retenir, c’est que même si l’abstinence peut-être vu comme ayant un caractère contraignant, il prend tout son sens « vertueux » en empêchant de sombrer dans l’excès, car comme le dit le vieil adage « l’excès en tout nuit ».

Jinn Corriny PIERRE-LOUIS

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