SOCIETE | Phénomène de nuisance sonore toujours non sanctionné en Haïti

En début du 21e siècle, les grandes villes haïtiennes se ressemblent presque toutes car les activités nocturnes deviennent de plus en plus habituelles dans les quartiers. Les night-clubs, la musique domestique, les DJ, et les buveurs qui se réunissent sans se soucier du vacarme qu’ils créent.

La nuisance étant considérée comme tout facteur qui porte préjudice, ou un gêne pour la santé, le bien être et l’environnement, la nuisance sonore renvoie au trouble constitué par des bruits qui au-delà d’un certain seuil auditif constituent un événement anormal. A noter que ces bruits peuvent provenir des hommes, d’animaux, de l’environnement, etc.

Les bruit deviennent anormaux ou éléments de nuisance dans la mesure où ils deviennent des sources de perturbation sur le plan social, économique et psychologique. Une forte partie de l’information qu’on encaisse passe par les oreilles alors que la surdité est l’un des premiers handicaps sociaux. Les bruits sont néfastes s’ils atteignent entre 70 et 80 décibels et deviennent stressants et traumatisants quand ils dépassent les 80 décibels. D’après le président de la Société Haïtienne de la Santé Mentale (SHSM) Wilox Toyo, le bruit est facteur de stress.

En observant la société haïtienne, on dirait que presque tous les citoyens n’ont jamais pris connaissance du phénomène de nuisance sonore.  L’environnement sonore est pollué et c’est ce qui a de plus normal. Chacun a sa propre vie et le vit comme il l’entend. Bien que la nuisance sonore peut être un phénomène individuel c’est-à-dire on peut s’auto détruire  avec un baladeur. Elle est beaucoup plus liée à la collectivité, ou à la relation du voisinage. Une petite fête, une musique trop forte, une dispute à haute voix ou la manifestation d’une grande joie font partie du cercle. Et si nous continuons à citer on pourrait parler de bruits de voitures, de motard très tôt dans la matinée ou très tard dans la nuit. Il y a aussi les activités religieuses qui sont très fréquentes dans la soirée et des programmes culturels musicaux.

Le 13 août 2018, le directeur départemental de la PNH de l’Ouest, Ismagne Auguste s’est prononcé sur les tapageurs nocturnes. Le DDO affirme que les programmes nocturnes ne doivent pas aller au-delà des 20 heures en semaines et minuit en weekend, juste pour essayer d’apporter une solution à cette nuisance. Quelques jours plus tard il précise que ce règlement s’applique que pour les programmes en plein air. Donc les bals et les veilles de nuits ne sont pas concernés. Toutefois ces derniers doivent avoir une sonorisation acceptable sans pour autant préciser ce qu’est une sonorisation acceptable ou pas acceptable. Pour finir Ismagne Auguste emballe tout dans la boîte de « trouble à l’ordre public ». Troubler l’ordre public revient à déranger la paix publique ou la paix de son entourage. Il est important de signaler que le trouble à l’ordre public est une infraction punie par le code pénal (section 4 article 278).

Les moyens de transports publics (camionnettes, bus) ne cessent d’arpenter la rue avec la musique d’une intensité plus forte que 120 décibels. Les programmes nocturnes en plein air tels que « Ti Sourit », « atè pat », ne cessent d’alimenter ces mêmes rues. Comment et quand pourrons-nous espérer que l’Etat haïtien (responsable de la santé du peuple) se penchera sérieusement une bonne fois pour toute sur ce sujet et faire appliquer les sanctions prévu par la loi ?

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